L'éditorial de François Lenglet

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Comme toute statistique, celle-ci pourra être pondérée, tempérée, relativisée. Restera la réalité?: au deuxième trimestre 2010, l'économie chinoise a dépassé celle du Japon. Et l'empire du Milieu a toutes chances de s'installer à ce deuxième rang mondial, en se rapprochant chaque année davantage du numéro un, les États-Unis. Incroyable rattrapage que celui de la Chine postcommuniste, qui l'a fait passer de 5 % du PIB mondial en 1979, lorsque Deng Xiaoping a initié la politique d'ouverture, à 13 % aujourd'hui. À l'échelle historique, elle pourrait retrouver la place qu'elle a occupée pendant des millénaires, et qu'elle n'a cédée que vers 1800?: un quart du PIB mondial. C'est la crise qui a mis en valeur l'extraordinaire ascension de la Chine, en l'effleurant seulement alors qu'elle faisait plonger le monde développé dans une grave récession. Une crise sépare le vieux du neuf, pour reprendre la belle formule de Gramsci, et la nôtre a encore déplacé l'activité économique mondiale vers les pays émergents. Tout comme celle des années 1930 avait consacré la suprématie américaine au détriment de la Grande- Bretagne et de l'Europe. Ainsi va la succession des empires. Toutes les deux ou trois générations, le pays dominant est victime de ce que l'historien Paul Kennedy appelle la « surexposition impériale », une maladie qui s'accompagne généralement de graves troubles budgétaires. Il décline alors au profit d'une puissance neuve et pleine d'appétit, construite sur l'industrie, qui accumule les excédents commerciaux et les ambitions stratégiques. Le déclin des États-Unis prépare-t-il, à terme, le triomphe de la Chine?? Cette transition serait la première depuis des siècles à consacrer un empire qui n'a rien d'occidental. Mais n'allons pas trop vite. Il y a vingt ans, le Japon était promis à détrôner les États-Unis, avant de subir une crise interminable qui l'a paralysé, à cause d'une bulle immobilière assez semblable à celle qu'on voit apparaître en Chine. Dans la vie des empires aussi, il y a des surprises.flenglet@latribune.f

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