L'Espagne et son talon d'Achille

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On a longtemps cru que les banques espagnoles pourraient défier les augures. Que, malgré la dégradation continue de la situation économique du pays, l'étonnante résilience de son secteur financier pourrait se prolonger. Que les 4,6 millions de chômeurs, un déficit des comptes publics représentant 11 % du produit intérieur brut, une crise de l'immobilier se traduisant par un million de logements invendus et des faillites de promoteurs en série ne viendraient pas à bout de la capacité de résistance des principaux établissements bancaires du pays. Ceux-ci n'ont-ils pas affiché, au premier trimestre, des résultats supérieurs aux attentes... quand le total des impayés tutoyait les 100 milliards d'euros ? Le retour sur terre a eu lieu ce week-end. Samedi, la banque centrale espagnole a été contrainte de prendre le contrôle de la caisse d'épargne CajaSur, après l'échec de son projet de fusion avec l'une de ses homologues, Unicaja. Le coût du sauvetage, évalué entre 500 millions et 2,7 milliards d'euros, ne devrait pas ébranler l'institution monétaire et son bras armé, le Fonds pour la restructuration des banques. Mais l'annonce de ce sauvetage et l'évocation de son coût ont suffi pour faire baisser, lundi, les valeurs bancaires à la Bourse de Madrid et... l'euro ! Les caisses d'épargne espagnoles, très engagées dans l'immobilier, sont en effet le talon d'Achille du secteur financier ibérique. Depuis des mois, les pouvoirs publics les poussent à se regrouper et à se recapitaliser. Avec plus ou moins de succès tant les autorités locales qui les contrôlent, collectivités, partis politiques ou institutions religieuses, répugnent à en abandonner le contrôle. Depuis ce week-end, on sait que le péril est là. pagay@latribune.fr pierre-angel gay

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