Nouvelles polémiques autour du Mediator des laboratoires Servier

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Trois semaines avant la remise du rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) à Xavier Bertrand, ministre de la Santé, l'affaire Mediator fait l'objet de nouvelles révélations. « Le Figaro » a publié samedi une lettre de trois professeurs de médecine de la Sécurité sociale par laquelle ils ont alerté la direction de l'Agence du médicament des risques de l'utilisation de l'anti-diabétique Mediator comme coupe-faim. Leur lettre est datée du 21 septembre 1998. Bernard Kouchner était alors secrétaire d'État à la Santé. Le responsable politique socialiste et son directeur de cabinet, Martin Hirsch, disent avoir tout ignoré de cette alerte.Le quotidien indique que d'autres enquêtes, auxquelles se référent la Commission nationale de pharmacovigilance, évoquent officieusement ces risques dès 1995. Or, en France, le médicament n'a été retiré du marché français que quinze ans plus tard, fin 2009, après la publication du livre de la pneumologue Irène Frachon démontrant le risque mortel de valvulopathie du Médiator. Cette information bat en brèche la ligne de défense du ministère de la Santé et de Servier. Tous deux assuraient que la France n'avait aucunement tardé à retirer ce médicament commercialisé par les laboratoires Servier depuis 1976. « Jusqu'à 2.000 décès »Xavier Bertrand doit aussi faire face à une autre polémique, celle du nombre de décès. Selon Didier Houssin, directeur général de la Santé, « il n'y a pas de divergences entre les experts ». Le 16 novembre, une estimation présentée à l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé faite par l'épidémiologiste Catherine Hill chiffrait à « au moins cinq cent morts » les victimes du Mediator. Un autre chiffre vient d'être dévoilé par une étude de Mahmoud Zureik, directeur de recherche à L'Inserm, et Agnès Fournier, épidémiologiste à l'Inserm, publiée par « Le Figaro ». Les deux chercheurs, qui ont oeuvré avant l'étude menée par Catherine Hill, estiment que le nombre de morts attribuables au Mediator s'établit « entre 1.000 et 2.000 ». La différence de chiffres provient de la méthodologie adoptée. Les deux chercheurs ont inclus les « personnes décédées quatre ans après leur hospitalisation ». L'étude présentée postérieurement s'est concentrée sur les décés à court terme. « Probablement, il aurait été préférable de fournir les deux estimations », a convenu Didier Houssin. Cette estimation du nombre de décès liés au Mediator vient, là encore, contredire Jacques Servier qui déclarait au « Monde » le 21 novembre : « nous voudrions comprendre où ils sont ». Juliette Garnie

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