La politique traditionnelle américaine trouve ses limites

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Du sable entre les doigts -c'est sans doute ce que vaut aujourd'hui la politique américaine traditionnelle vis-à-vis des pays arabes en révolte. Les États-Unis n'ont pas senti le vent se lever en Afrique du Nord et au Proche Orient, ouvrant la voie à des régimes sans doute moins réceptifs à leur influence à l'avenir, comme cela pourrait être le cas en Égypte - et ce, quelles que soient les largesses prodiguées par Washington. Pis, ce sont, et depuis quelques années déjà, les fondements même de l'influence américaine qui s'effritent. C'est vrai pour la présence militaire. Certes, elle existe encore dans la région, mais l'Arabie Saoudite a par exemple fait savoir à Washington que ses « boys » n'étaient plus les bienvenus sur son sol. Quant à l'aide américaine en direction d'Israël, elle n'infléchit plus la politique de l'actuel gouvernement, en matière de colonisation, notamment.Mais c'est surtout dans les échanges commerciaux que la régression américaine est la plus flagrante. Alors que les États-Unis étaient le partenaire incontournable des pays de la région jusqu'à ces dernières années, l'Arabie Saoudite exporte aujourd'hui plus de la moitié de son pétrole vers l'Asie - et seulement 14 % vers les États-Unis. Même chose pour le Qatar et les Émirats arabes unis. Le Golfe, désormais, porte lui aussi son regard vers l'Est...«État voyou »Enfin, comme l'illustrait hier la transition en Égypte, comme le montre aujourd'hui la répression sanglante en Libye, un soutien américain aux régimes autocratiques n'est pas gage de stabilité. C'est face à la Libye que l'échec est le plus patent. Estampillé pendant des années « État voyou », notamment pour son soutien au terrorisme, le pays du colonel Kadhafi a été réhabilité dans les années 2000 par les États-Unis, qui voyaient dans le démantèlement de son arsenal nucléaire et le paiement d'un dédomagement aux familles des victimes de l'attentat de Lockerbie autant de raisons de lever les sanctions onusiennes, le tout dans un contexte de course à l'extraction de brut libyen... En 2004, les relations entre Washington et Tripoli étaient rétablies. Le dictateur libyen devenait fréquentable. Le même qui, mardi, a promis de nettoyer « la Libye maison par maison » si les manifestations contre son régime se poursuivent. Lysiane J. Baudu

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