Les États-Unis se dirigent vers une reprise molle en 2010

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ConjonctureC'est officiel : avec la révision définitive de la croissance aux États-Unis au troisième trimestre annoncée mardi, la première économie mondiale s'est bel et bien extirpée de la récession dans laquelle elle a été plongée pendant quatre trimestres. Entre juin et septembre, le produit intérieur brut américain a progressé de 2,2 %, soit moins que les 2,8 % précédemment annoncés, en raison de la faiblesse de l'investissement des entreprises et d'un phénomène de déstockage. Wall Street est optimiste pour le dernier trimestre 2009 au cours duquel ses analystes anticipent une croissance de l'ordre de 4 %. Pour autant, ils jugent que 2010 sera marquée par une croissance molle ? de l'ordre de 2 % ? et préviennent que l'administration Obama devra continuer à financer la relance en dépit d'un déficit budgétaire attendu à 1.400 milliards de dollars.aider les ménagesEn novembre, les reventes de logements ont augmenté pour la septième fois sur les huit derniers mois, pour atteindre leur plus haut niveau depuis février 2007, à 6,54 millions de transactions en rythme annuel, soit 7,4 % de plus qu'en octobre. Afin de préserver cette embellie, Barack Obama a prolongé jusqu'à 2010 un crédit d'impôt de 8.000 dollars accordés aux primo accédants, une initiative qualifiée de réussite par les professionnels de l'immobilier. En revanche, dans un contexte où le taux de chômage s'inscrit à 10 %, les efforts de l'administration pour aider les ménages peinant à rembourser leur crédit hypothécaire ont échoué. Plus de 60 % des particuliers ayant participé aux programmes de restructuration de leur emprunt se sont à nouveau retrouvés en défaut de paiement au bout de douze mois.Président du cabinet d'analyste TrimTabs, Charles Biderman craint que la chute des prix de l'immobilier ne pèse sur les dépenses futures des ménages. « Entre 2003 et 2007, leur consommation a été stimulée à hauteur de 3.000 milliards de dollars par leur capacité à emprunter à nouveau la partie remboursée de leur prêt immobilier. » Or, la chute des prix des logements a privé les ménages de cette source de crédit. Après un repli de 9,5 % en 2008, ces prix ont reculé de 13 % en 2009, estime l'association des agents immobiliers (NAR). Du côté de l'emploi, les perspectives ne sont guère plus encourageantes. L'Anderson Forecast Group estime que le chômage remontera à 10,5 % en 2010. Alors que 7,2 millions de postes ont été détruits depuis la fin 2007, « 250.000 créations d'emplois par mois seront probablement nécessaires pour réduire le chômage de 1 % en un an », prévient Jan Hatzius, le chef économiste de Goldman Sachs. n

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