Le pari osé de Baroin sur l'emploi pour assainir les comptes

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Dis-moi quel est le taux de croissance que tu retiens, je te dirai combien d'emploi seront créés. Il y a quelques années, se livrer à cet exercice était relativement aisé pour les économistes. Au fil des ans, les choses se sont corsées. Et l'idée communément admise qu'il faut au moins 1,5 point de croissance pour créer des emplois est battue en brèche. Difficile de s'y retrouver dans les prévisions. D'autant que l'on peut au choix retenir le verre à moitié plein ou le verre à moitié vide. Pour concocter son budget 2011, le gouvernement a, lui, choisi de parier sur la poursuite des créations d'emplois observées au premier semestre. Les résultats provisoires de la Dares publiés le 13 août font ainsi état de 35.000 créations d'emplois au deuxième trimestre 2010, après 23.900 au premier trimestre. Soit quelque 60.000 créations d'emplois sur le premier semestre que François Baroin, ministre du Budget, qualifie de « bonne nouvelle essentielle », dans un entretien publié lundi dans le « Figaro ». Selon lui, « cette reprise du marché du travail devrait rapporter environ 2 milliards d'euros de cotisations sociales supplémentaires ». De quoi aider le gouvernement qui a annoncé une révision de la croissance de 2,5 à 2 % pour 2011.ajustementsMais certains, dont Eric Heyer, directeur adjoint à l'OFCE, s'interrogent sur la possible poursuite des créations d'emplois aux troisième et quatrième trimestres. Il rappelle que « deux tiers des créations d'emplois ont concerné l'intérim, ce qui est très précaire ». Il craint également que les entreprises n'aient pas complètement fini leurs ajustements sur l'emploi, estimant le décalage entre reprise de la croissance et impact sur l'emploi à trois trimestres. Pour l'instant, cett règle est démentie par les chiffres, ce qui explique la confiance du gouvernement, mais aussi la prudence et le scepticisme des économistes. Des spécialistes qui sont également moins confiants que le gouvernement dans la capacité de la France à réduire son déficit. « Les mesures transmises [fin des mesures de relance, réforme des retraites, réduction des niches...] par la France à Bruxelles pour réduire sa dépense publique de 8 % à 6 % du déficit en 2011 vont amputer la croissance de 1,4 %. Si le gouvernement annonce une croissance à 2 %, cela veut dire qu'elle l'estime plutôt à 3,4 % au départ. Ce qui me semble ambitieux car on sent déjà un essoufflement du commerce mondial qui va de pair avec la fin des plans de relance mis en place dans de nombreux pays industrialisés ». Par ailleurs, les incertitudes conjoncturelles compliquent la lecture de la situation économique. Certains économistes mettent en garde contre une politique économique trop rigoureuse qui risquerait de casser la croissance. Un argument repris lundi par Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste, lors du point de presse hebdomadaire du PS. Selon lui, « la France est inscrite dans un sillon de croissance très faible en raison d'une politique d'austérit頻 du gouvernement.

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