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Les Égyptiens mènent le British Museum à l'éternité

La Tribune

Publié le 26 décembre 2010 à 22:23 - Mis à jour le 26 décembre 2010 à 22:23

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04 juin 2026

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Pour les Égyptiens de l'Antiquité, mourir n'était que le début d'une grande aventure comme le rappelle une formidable exposition du British Museum de Londres. Après la momification, il fallait encore franchir un nombre considérable d'obstacles pour accéder aux « Champs de roseaux », le paradis tel que le concevait le peuple des pharaons. C'est là qu'intervenait ce qu'on a coutume d'appeler le « Livre des morts ». Le terme de livre en lui-même est impropre : il s'agit plutôt d'un corpus d'environ deux cents sortilèges conçus pour protéger l'âme du défunt (ou Bâ) lors de ce grand voyage.Ces sortilèges étaient inscrits sur toutes sortes de supports en contexte funéraire : sur les murs des pyramides et des tombeaux, sur les objets accompagnant le mort dans sa tombe, sur son sarcophage et sur des papyrus entreposés à ses côtés. Fixé dès les premiers temps de la civilisation pharaonique, le contenu du « Livre des morts » est demeuré inchangé au cours des siècles. Plus le défunt avait à sa disposition un grand nombre de ces formules incantatoires, plus il avait de chance d'accéder sans encombre au repos éternel. Évidemment, seule l'élite (d'abord les rois, leurs familles puis la haute société) pouvait se permettre ce luxe et ce confort. Pour les autres, le voyage s'annonçait très difficile, mais pas impossible.Crocodiles affamés, monstres effrayants, défis en tout genre, présentation devant l'assemblée des dieux au grand complet et, pour finir, la célèbre pesée des âmes par Osiris en personne, voilà en substance la teneur des périls menaçant l'âme du trépassé. Les sorts pour y faire face étaient très spécifiques : transformation en gazelle pour fuir les crocs d'un hippopotame belliqueux, antisèches données pour répondre aux questions pièges de dieux inamicaux, capacités physiques et mentales renforcées... Une fois parvenu aux Champs de roseaux, le défunt pouvait alors goûter au repos bien mérité, à la tête d'une exploitation agricole prospère, reflet idéal de la vie sur les berges du Nil. L'exposition du British Museum présente de manière narrative cette traversée épique d'un au-delà peuplé de monstres et de dieux menaçants. Grâce à des papyrus inédits d'une qualité et d'une finesse extrêmes, cet « inframonde » nous est révélé dans toute son originalité. Le musée londonien abrite dans ses murs la plus belle collection de papyrus au monde, et cela se voit. Le plus illustré est celui d'Ani, scribe du roi à Thèbes au cours du XIIIe siècle avant notre ère. Le plus long a été conçu pour une femme, grande prêtresse du dieu Amon. Il mesure près de 37 mètres, comporte environ 80 sorts, mais très peu d'images.Exceptionnelle par la rareté des papyrus présentés, l'exposition l'est aussi par la pédagogie employée, qui permet de concevoir avec clarté les concepts religieux des Égyptiens. Le visiteur est mis dans l'ambiance, pour le plus grand bonheur des amateurs d'égyptologie. Francine Guillou, à Londres « Ancient Egyptian Book of the Dead » au British Museum, Londres, jusqu'au 3 mars 2011. Par Eurostar, à partir de 88 euros aller-retour.

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