Le rejet du nucléaire fait gagner les écologistes en Allemagne
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La faute au nucléaire ? Sans aucun doute : 47 % des électeurs de la région du Bade-Wurtemberg indiquaient dimanche que, pour eux, « le problème le plus important est la question de la politique nucléaire et de l'environnement », selon un sondage de l'institut Infratest-dimap. Ils ont du coup voté en conséquence, faisant subir à la chancelière Merkel une amère défaite électorale. Selon les premières estimations, la CDU d'Angela Merkel n'obtiendrait que 38 % des voix dans ce Land de Bade-Wurtemberg, soit 6 points de moins qu'en 2006. Pas assez pour conserver le pouvoir que son parti détenait ici depuis 1952 puisque les deux partis d'opposition, le SPD et les Verts, obtiendraient respectivement 23,5 et 24,5 %. Quant aux libéraux, ils doivent se contenter de 5 %. Dans une autre région, en Rhénanie-Palatinat, la gauche conserve, elle, la majorité. Là aussi, la performance des Verts (entre 15 et 17 %) est remarquable. Au Bade-Wurtemberg, une des régions les plus riches du pays, leur avance sur le SPD leur ouvre même la voie vers la présidence de la région, une première outre-Rhin.Ce succès des écologistes n'est pas un hasard. Le nucléaire a été au centre de la fin de la campagne. Angela Merkel avait en effet, à l'automne, fait prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires, y compris les plus anciens. Au Bade-Wurtemberg, la décision avait été particulièrement mal accueillie. Et l'accident de Fukushima a rapidement profité à l'opposition. La méfiance radicale des Allemands envers l'atome s'est en effet alors réveillée. Certes, dès le lundi 14 mars, Angela Merkel avait tenté de réagir en annonçant l'arrêt provisoire pour vérification des sept réacteurs les plus anciens, dont deux dans ce Land de Bade-Wurtemberg. Mais le flou de la mesure n'a guère convaincu. Ce geste s'est même retourné contre elle lorsque, la semaine dernière, on a appris que le ministre de l'Économie lui-même, Rainer Brüderle, avait convenu devant un parterre d'industriels, qu'elle n'était motivée que par des raisons électorales. 78 % des électeurs dimanche y ont aussi vu « une manoeuvre électorale », selon Infratest-dimap. La veille, plus de 250.000 personnes avaient manifesté leur opposition au nucléaire dans cinq grandes villes du pays. Évidemment, le nucléaire n'explique pas tout : la politique d'Angela Merkel semble de moins en moins lisible. Sa non-participation à la guerre en Libye ou ses valses-hésitations sur la question de l'euro ont contribué à cet échec, malgré la bonne santé économique du pays.Romaric Godin, à Francfort
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