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Les coulisses de l'offensive de Lactalis sur Parmalat

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Publié le 27 avril 2011 à 19:30 - Mis à jour le 27 avril 2011 à 19:30

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Ouf, je n'aurai pas à donner d'interview ! » Au siège austère de la Société Généralecute; Générale, Via Olona à Milan, Emmanuel Besnier est soulagé. À la télévision, Silvio Berlusconi ne considère pas son OPA sur Parmalat comme hostile. Le patron de Lactalis, connu pour sa grande timidité, n'a jamais voulu rencontrer la presse depuis sa succession à la tête du groupe en 2000. Pourtant, si son projet d'OPA tournait mal, son conseiller à la Société Généralecute; Générale - l'une de ses banques-conseils avec le Crédit Agricolegricole, Natixis et HSBC - avait fini par lui faire envisager une prise de parole publique. Le jeune patron de 41 ans est donc ravi d'y échapper devant la tournure positive des réactions politiques au sommet franco-italien. Après trois jours de pizzas froides arrosées de cafés serrés, ses proches conseillers, le directeur financier du groupe, Olivier Savary, le directeur général, Antonio Sala, ou encore le responsable mondial des fusions acquisitions de la Société Généralecute; Générale, Thierry d'Argent, soufflent eux aussi. « En vingt ans de métier, et huit OPA hostiles, c'est la première fois qu'une première étape se déroule aussi vite ; d'habitude, la contestation est plus longue », confie ce dernier. Certes, rien n'est joué. Le ministre des Finances italien, Giulio Tremonti, peut encore faire des siennes. Il faut encore fignoler le prospectus à remettre à la Consob (l'AMF italienne) dans les quinze jours et préparer la présentation aux analystes. Mais le plus gros est passé. En un temps record !C'est en janvier que la Société Généralecute; Générale propose le dossier Parmalat à Lactalis. À l'époque, il s'agit de faire diversion. Lactalis veut racheter Yoplait coûte que coûte alors que la Sodiaal (coactionnaire de la marque à la petite fleur aux côtés du fonds PAI) met un veto absolu à cette candidature. Pendant ce temps, en Italie, Enrico Bondi, le redresseur de Parmalat, est contesté par trois fonds d'investissement détenant 15 % du groupe laitier. Solution de partage refuséeLa Société Généralecute; Générale suggère alors à Lactalis de prendre 29 % du groupe, soit une part suffisante pour choisir le management lors de l'assemblée générale des actionnaires prévue le 12 avril. Depuis son siège de Laval, Emmanuel Besnier réfléchit. Vite. Yoplait lui échappe, il doit trouver une sortie. Début mars, il décide de lancer l'offensive sur Parmalat. En une semaine, quelque 13 % du capital de l'italien sont achetés en Bourse. Quelques jours après, en raflant la part des trois fonds présents au capital de Parmalat, Lactalis détient 29 % du groupe laitier italien, juste en dessous de la fameuse barre des 30 %, au-delà de laquelle une OPA sur la totalité du capital est obligatoire. Emmanuel Besnier croit alors la partie gagnée. C'est sans compter avec le patriotisme économique italien.Tandis que le gouvernement modifie la législation afin de reporter la date de l'assemblée générale pour contrer le groupe français, le patron héritier part en toute discrétion négocier avec des repreneurs italiens potentiels dont Ferrero. La coopérative laitière transalpine Granarolo, empêtrée dans ses dettes, lui fait moins peur. À juste titre. Mais Giulio Tremonti autorise alors la Caisse italienne des dépôts à se constituer en fonds d'investissement pour organiser une contre- offre sur 60 % du capital. Dans le camp tricolore, une solution de partage de Parmalat est envisagée. Parmalat Italie aux Italiens et l'international aux Français. Mais les Italiens refusent. Malgré la tempête politique qui s'annonce, Emmanuel Besnier prend alors la décision de lancer une OPA inamicale. Il faut une semaine aux banques-conseils pour monter le projet. Reste la question de la date. Avant la rencontre au sommet mardi à Rome entre Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi, personne n'est prêt. Après, le risque d'une ire de Berlusconi - qui n'aurait pas été prévenu au moment de la visite du président français - est trop fort. Ne reste plus qu'à passer en force le jour même, en prévenant les autorités françaises à la dernière minute pour ne pas risquer de se faire imposer un report du projet. Emmanuel Besnier saute dans un avion pour passer le week-end pascal auprès des avocats italiens et signer les dossiers. Enrico Bondi n'est pas mis dans la boucle. Certes, il a bien restructuré Parmalat depuis 2003. Mais il n'a pas pris le train en marche lorsque Lactalis lui propose de le suivre dans son projet de contrôle sans OPA. Désormais d'autres discussions vont s'engager avec le gouvernement italien pour lui permettre une digne sortie via une entrée au capital de Parmalat.

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