L'éditorial de Philippe Mabille

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Une réforme chasse l'autre. Nicolas Sarkozy n'a pas voulu ajouter au report de l'âge de la retraite, déjà impopulaire, un plan choc pour sauver l'assurance-maladie. Ou plutôt, si, il a essayé, sans succès, avec la loi HPST (Hôpital, patients, santé et territoire), avant de se heurter aux corporatismes des professions de santé qui, au nom de leur indépendance, ont refusé d'appliquer les nouvelles règles de gestion qui leur étaient imposées. Du coup, condamné à ne reboucher le trou qu'avec des rustines, le projet de budget 2011 de la Sécurité sociale, présenté aujourd'hui, ne satisfera personne. Car si l'État réduit drastiquement son déficit de 150 à moins de 90 milliards d'euros, les comptes sociaux restent dramatiques avec un besoin de financement gigantesque, même s'il reste stable, de 23 milliards d'euros (dont la moitié pour la seule branche santé). Et encore, le gouvernement n'arrive-t-il à ce piètre résultat qu'au prix d'un énième plan d'économies qui va encore augmenter la facture à la charge des patients. Certes, elle sera indolore pour ceux qui disposent d'une bonne mutuelle. Mais ce colmatage va accroître le sentiment d'une sécurité sociale à plusieurs vitesses. Un peu comme si, après le coup de rabot fiscal, venait le coup de rabot social... à l'image du rasoir à plusieurs lames qui n'empêche jamais la barbe de repousser ! Comme chaque année, le plan prend soin, c'est le cas de le dire, de saupoudrer les mauvaises nouvelles entre les malades, les entreprises, les laboratoires, les médecins. Mais aucun problème de fond n'est traité. Ni celui des niches sociales dont le montant considérable (65 milliards d'euros) est régulièrement dénoncé par la Cour des comptes. Ni la gouvernance du système de santé, à bout de souffle. Ni l'apport essentiel que pourraient offrir les nouvelles technologies. Ni la question centrale de l'assiette des cotisations sociales, assises de façon excessive sur le travail, et pas assez sur la valeur ajoutée. Mais ce chantier-là attendra bien 2012.pmabille@latribune.f

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