Il y a d'abord cet « avertissement » qui apparaît à l'écran et que chaque spectateur découvre lors de la sortie du film en avril 1986, et encore maintenant à chaque diffusion ou visionnage : « L'attention du public est attirée sur le fait que cette œuvre peut heurter la sensibilité de certains enfants en raison de la passion qui anime les personnages et des violences provoquées par la maladie mentale de l'héroïne. »
Le logo animé de Gaumont fait ensuite son apparition. Et puis l'écran se fait entièrement bleu et déroule alors un générique particulièrement et volontairement dépouillé, sur une musique de foire façon limonaire : « Une production Claudie Ossard-Jean-Jacques Beineix / Un film de Jean-Jacques Beineix / 37°2 le matin / D'après le roman de Philippe Djian /Avec Jean-Hugues Anglade et Béatrice Dalle », etc. Entre-temps et toujours dans un camaïeu de bleus, le visage de Béatrice Dalle est apparu, reproduction de l'affiche du film devenue iconique depuis.
Et immédiatement la toute première scène : de 1 minute 49 secondes de film à 3 minutes 50, très précisément, Dalle et Anglade, entièrement nus, font l'amour dans un lit. Près de deux minutes d'images non pornographiques au sens propre du terme, mais assurément frontales et sans filtre. Deux minutes durant lesquelles, dans la pénombre et sous le mystérieux regard d'une reproduction de La Joconde, Anglade chevauche Dalle qui halète et finit par jouir en lui mordant l'épaule de façon très réaliste.