« Anna », « Mickey 17 », « Black Dog »... Nos critiques cinéma de la semaine
Aurélien Cabrol, Alexis Campion et Charlotte Langrand

Découvrez nos critiques cinéma de la semaine.
LTD/DR
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Avec Anna, l'ancien photoreporter de guerre italien Marco Amenta signe son troisième long-métrage de fiction. S'inspirant d'une histoire vraie, il dresse le portrait d'une bergère sarde qui se bat contre la construction d'un hôtel sur les terres léguées par son père. Si le film détaille avec une précision quasi documentaire un combat solitaire et qu'on peut croire désespéré, il s'attache plus encore au personnage, son caractère entier et sa farouche détermination.

Face à l'hostilité de tout un village, Anna ne lâche rien, ni ses envies de se baigner nue dans la mer, ni sa liberté sexuelle et amoureuse, ni sa liberté de parler et de penser. Le cinéaste parvient avec habileté à faire aimer ce caractère rugueux, jamais aimable ou presque, et c'est la plus grande réussite de ce film porté par Rose Aste.
Bienvenue sur Niflheim, une planète de glace inhospitalière peuplée de chenilles géantes où un politicien vulgaire et dictatorial tente d'implanter une colonie d'humains. C'est là que Mickey Barnes (Robert Pattinson en pleine fragmentation du « moi »), loser sur Terre, a fui, acceptant de devenir un « remplaçable » : il sert de cobaye pour tester cette planète hostile et le paie à chaque fois de sa vie. Qu'importe, une sorte d'appareil d'IRM géant le « réimprime » après chaque décès, il en est donc à la 17e version de lui-même.

Jusqu'au jour où, après une erreur, il tombe nez à nez avec son successeur, Mickey 18... Il n'est pas donné à tout le monde de mêler science-fiction, humour noir et satire politico-sociale. Après les phénomènes The Host et Parasite, le réalisateur coréen Bong Joon-ho réitère dans le mélange des genres et s'inspire d'un roman de l'écrivain américain Edward Ashton, Mickey 7 (2022). Après une folle première partie, mêlant humour noir, satire des illuminés de la tech et du trumpisme (Mark Ruffalo et Toni Collette, excellents caricaturistes) et angoisses existentielles, ce blockbuster à tiroirs se concentre sur le spectaculaire et les effets spéciaux l'emportent, dans la plus pure tradition du film de divertissement.
Libéré de prison, Lang revient dans sa ville natale, un bourg décrépi aux portes du désert de Gobi. Employé par une brigade chargée de capturer les chiens errants, le taiseux s'éprend d'un lévrier noir, solitaire et dur à cuire comme lui, qui plus est soupçonné d'être enragé... Cinéaste connu du grand public en Chine pour avoir réalisé La Brigade des 800 - une superproduction retraçant la guerre sino-japonaise -, Guan Hu s'empare ici d'un paysage de fin du monde pour flirter avec le western postmoderne et se concentrer sur des atmosphères réalistes plus contemplatives.
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Ce faisant, il révèle une Chine oubliée au milieu de paysages arides à l'infini mais peuplée d'animaux fascinants. Fortes de leur lumière tour à tour spectrale et phosphorescente, ses images intriguent tout autant que son héros en quête de rédemption, taciturne en diable.
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Il n'empêche, quand il enfourche sa moto, c'est au son de Hey You de Pink Floyd et au gré de rencontres fortuites toujours étonnantes : voyageurs détroussés, cirque de passage, ferme à serpents, zoo en cours de démantèlement, etc. Sans oublier ce gang qui harcèle Lang pour un crime qu'il n'a peut-être pas commis. Ce mystère jalousement entretenu nous tient en haleine alors que l'amitié entre le repris de justice et le chien indomptable, elle, grandit. Au passage de frontières jamais nettes entre liberté conquise et marginalité subie, animalité et humanité, une bien belle échappée.
Aurélien Cabrol, Alexis Campion et Charlotte Langrand