Stéphane, directeur de casting, réalisateur et scénariste. David, écrivain aux 6 millions de livres vendus. L'un est placide et pragmatique. L'autre, nostalgique et mélancolique. Deux personnalités antagonistes, mais étonnamment complémentaires lorsqu'il s'agit d'écrire et de réaliser ensemble. Les réunir pour parler de leur relation fraternelle, c'est assister à un échange rare, profond, parfois drôle et toujours touchant.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Stéphane, vous êtes l'aîné de six ans et un jour. C'est un écart important dans une fratrie.
STÉPHANE - C'est vrai que je ne m'occupais pas beaucoup de lui quand nous étions plus jeunes. Mais son hospitalisation à 16 ans [pendant six mois pour une pleuro-péricardite, affection du cœur] a été pour moi une sorte d'épiphanie. À partir de ce moment-là, j'ai découvert en David une maturité, un sens des responsabilités assez fascinant. Son ouverture au monde artistique a changé notre relation. Cela a rééquilibré les choses entre nous, et c'est là que le vrai dialogue a pu commencer.
DAVID - Stéphane a joué un rôle essentiel dans mon éducation cinématographique. Nous n'avons pas grandi dans un environnement culturel très riche. Alors, quand il a commencé à faire du théâtre et à côtoyer des personnes passionnantes, ça m'a donné envie de le suivre.
STÉPHANE - Nos parents [une mère secrétaire chez Air France, un père commercial] travaillaient beaucoup, et, très tôt, j'ai ressenti le besoin de me créer un monde parallèle. Le cinéma m'a offert cet espace d'évasion idéal.