« Ménopause : que le tabou tombe » (par Julie Gayet, Claire Fournier, Laurence Rossignol et 23 autres personnalités)
La Tribune Dimanche

Une femme médecin avec une patiente âgée regardant les résultats de ses examens.
LTD/Shutterstock
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Une femme médecin avec une patiente âgée regardant les résultats de ses examens.
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Le 18 octobre, c'est la Journée mondiale de la ménopause. Ce jour-là, les médias cherchent tous l'angle idéal pour parler de ce sujet qui devrait être aussi banal que celui de la puberté au moment de l'adolescence. Nous, femmes de 45 ans et plus, qui représentons une femme majeure sur deux en France, voulons que ce sujet fasse la une davantage qu'une journée par an. Nous voulons que le tabou tombe et qu'il soit possible d'en parler ouvertement, sans que la honte ou la stigmatisation nous submerge à l'instant où le mot est prononcé.
Aujourd'hui encore, selon une étude de la Fondation des Femmes en 2023, 40 % des femmes déclarent ne pas avoir accès à suffisamment d'informations sur la ménopause. Trois femmes sur quatre n'osent pas en parler au travail. Une sur trois n'en a jamais parlé à son conjoint ! La parole se libère peu à peu, mais nous voulons mettre l'accent sur le déficit de moyens et d'informations qui touche les femmes de cet âge.
En mai 2024, le président de la République a mis en place une mission parlementaire chargée de dresser l'état des lieux de la prise en charge de la ménopause, emmenée par la députée Stéphanie Rist. Nous souhaitons que celle-ci soit remise sur pied rapidement.
L'information est clé. Elle doit être plus accessible dans les cabinets de médecins. Depuis 2023, chaque femme en France a droit à un bilan-prévention à 45 ans, gratuit et remboursé à 100 %. Et pourtant, il est peu utilisé en raison du manque d'information. Par ailleurs, l'Assurance maladie ne mentionne pas la périménopause dans les motifs de consultation lors de ce bilan, ce qui doit apparaître plus clairement. Nous appelons au développement de la recherche dans la santé des femmes, notamment à partir de 45 ans. Et nous appelons les agences de santé à mener des campagnes de sensibilisation, comme cela se fait dans d'autres pays.
Si les gynécologues sont habilités à encadrer les patientes (et notamment à proposer un traitement hormonal selon les antécédents personnels), ils sont de moins en moins nombreux à exercer. Il faut donc former et informer davantage les médecins généralistes sur la ménopause, pour une meilleure prise en charge et un meilleur accompagnement.
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L'information passe aussi par l'éducation. Elle serait plus accessible aux femmes comme aux hommes si la ménopause était mentionnée dans les programmes d'éducation sexuelle ou de SVT au collège et au lycée, mais aussi dans les plannings familiaux, les centres sociaux, les centres de santé municipaux.
Enfin, nous appelons les entreprises à prendre leur part dans la dédramatisation de la ménopause, pour aider celles qui se cachent dans leur environnement professionnel. Les directions RH et RSE qui se veulent plus inclusives devraient pouvoir ouvrir un espace pour la santé des femmes, avec un(e) expert(e) de la ménopause en présentiel ponctuellement, ou favoriser la prise de parole par des temps de partage au sein de l'entreprise. C'est en développant l'information sur tous ces sujets que la ménopause, qui concerne aujourd'hui 14 millions de femmes en France, ne sera plus un tabou. C'est l'affaire de tous.
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