Robert De Niro contre une cyberattaque, Arte explore la « cancel culture »... Notre sélection écrans de la semaine
Rémi Jacob

Découvrez notre sélection écrans de la semaine.
LTD/Sally Mais/BBC Studios/Hartswood ; Netflix
Rémi Jacob

Découvrez notre sélection écrans de la semaine.
LTD/Sally Mais/BBC Studios/Hartswood ; Netflix
Malgré ses 81 printemps - et presque soixante ans de carrière - on ne l'avait jamais vu au générique d'une série télé. C'est chose faite avec Zero Day, un thriller politique dans lequel Robert De Niro incarne George Mullen, un ancien président américain pour qui la politique n'est plus qu'un lointain souvenir. Désormais, ce retraité apprécié de ses compatriotes goûte la quiétude de sa luxuriante propriété, non loin de Washington.

Mais son quotidien rythmé par des longueurs dans sa piscine et des balades avec son chien vole en éclat lorsqu'une cyberattaque dévastatrice plonge les États-Unis dans le chaos. Durant une minute, tous les réseaux de communication sont coupés, entraînant crashs d'avions, déraillements de trains et accidents routiers en pagaille. Bilan : 3 402 morts et un message - « Cela se reproduira » - qui s'affiche sur le téléphone de tous les Américains.
Dans ce climat de paranoïa générale qui n'est pas sans rappeler l'après-11-Septembre, une commission d'enquête spéciale est créée. De celles qui s'autorisent tout en matière de perquisitions, confiscation de biens et surveillance d'individus. Bref, de restriction des libertés individuelles. Qui mieux qu'une figure tutélaire faisant consensus comme George Mullen pour la présider ? Malgré les réticences de sa fille, entrée elle aussi en politique, il accepte. Une mission sous haute tension dont il ignore la dangerosité. A-t-il les épaules suffisamment solides pour la mener à bien ? D'autant que pertes de mémoire et troubles de santé s'invitent dans la partie et viennent le perturber...
Malgré quelques facilités scénaristiques - coucou les grosses ficelles hollywoodiennes -, cette série en six épisodes séduit par ses thèmes très actuels. Notamment en traitant de la façon dont des démocraties sont capables de remiser promptement leurs principes et de basculer dans l'autoritarisme lorsqu'elles sont attaquées. Robert De Niro livre quant à lui une très solide performance, tout comme le reste du casting cinq étoiles, composé de Lizzy Caplan, Jesse Plemons ou encore Angela Bassett, parfaite dans le rôle de la présidente des États-Unis en exercice.
Zero Day, disponible sur Netflix.
L'expression « monstre sacré cathodique » n'est nullement galvaudée en ce qui le concerne. Tous les soirs, Douglas Bellowes (Hugh Bonneville) informe les Britanniques dans l'émission Live at Six. Un show télé suivi par des millions de téléspectateurs qui apprécient le profil rassurant de ce sexagénaire aux allures de bon père de famille.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.


Tout comme le duo harmonieux qu'il forme avec sa coprésentatrice Madeline Crow (Karen Gillan), une jeune journaliste très prometteuse. Mais patatras. Après une émission, son producteur Toby (Ben Miles) fonce sur lui, smartphone à la main. Sur le réseau social X, un message d'un certain Patrick Harland est en train de devenir viral : le présentateur vedette aurait fait une blague sexiste de très mauvais goût en privé lors d'un mariage. Lui jure qu'il ne souvient de rien. Mais la mécanique du soupçon est enclenchée. Diffusée sur Arte, la série Douglas is Cancelled explore le sujet de la « cancel culture ».
À partir de quel moment une personnalité doit-elle être boycottée pour des attitudes ou propos indignes ? Mais au fait, ici, de quelle blague s'agit-il vraiment ? Spoiler : vous devrez attendre le quatrième et dernier épisode pour le découvrir. Et quel est vraiment le rôle de sa collègue présentatrice dans ce scandale ? Si cette fiction signée Steven Moffat (Doctor Who, Sherlock...) débute avec des allures de sitcom rigolarde, on glisse rapidement vers un thriller psychologique de haute volée. Avec au menu des scènes d'une rare intensité et en toile de fond la suspicion d'une vengeance savamment mûrie. Une fiction savoureuse à l'humour so british.
À lire également
Douglas is Cancelled, disponible sur la plateforme Arte.tv à partir du 27 février.
Diffusion sur Arte le 6 mars à 20 h 55.
Rémi Jacob
Final Four de handball féminin : l’Europe parle français
Courbet, Rembrandt, Monet, De Vinci... Quand les artistes explorent l'art de l'autoportrait
Olivier Faure, une « pré-primaire » pour contraindre Glucksmann. La chronique politique de Pierre Lepelletier
Présidentielle 2027 : Dominique de Villepin soigne sa gauche