La cheffe de file des députés LFI Mathilde Panot a affirmé dimanche 6 juillet l’intention de son parti de désarmer les policiers municipaux et de mettre fin à la vidéosurveillance. En réponse, treize maires socialistes insistent sur la « nécessité » de cet armement en invoquant « la réalité du terrain ».En 1948, lors de la deuxième édition du Festival d'Avignon, au verger d'Urbain V, à l'arrière du palais, Shéhérazade de Jules Supervielle fut créé. Une comédie délicieuse avec, notamment, la toute jeune Silvia Monfort. L'exposition qui se tient à la Maison Jean Vilar, dirigée par Nathalie Cabrera, en témoigne. Antoine de Baecque, le commissaire, déploie « Les Clés du Festival », s'appuyant sur des documents qui bouleversent les amoureux du théâtre.
Soixante-dix-sept ans après Jules Supervielle, Marlene Monteiro Freitas aussi s'appuie sur le chef-d'œuvre de la littérature universelle, passé par l'Inde et la Perse et en partie fixé en langue arabe. Ouvrant la 79e édition, Nôt, de la chorégraphe née au Cap-Vert, prétend s'inspirer des Mille et Une Nuits. Mais confier la cour d'honneur à une artiste habituée aux jauges modestes est une erreur. Il faut savoir habiter l'espace splendide et ne pas s'en tenir à des images cruelles et répétitives.
Départs, huées, mais applaudissements également saluent une production d'une faiblesse profonde. Et qui, à nos yeux, injurie la langue arabe, prétendument mise en valeur dans tout le festival. C'est cette faiblesse qui frappe. On a le sentiment d'un manque de travail devant des productions qui mériteraient d'être reprises et densifiées, de se hisser à la hauteur des enjeux artistiques, politiques, éthiques qui sont l'âme d'Avignon depuis 1947.
Revu par un Thomas Ostermeier puissant, Le Canard sauvage d'Henrik Ibsen propose, à l'Opéra Grand Avignon, une plongée douloureuse et narquoise dans un monde qui peut être le nôtre, et les interprètes sont magnifiques. D'autres bonheurs ? Mais oui ! Présenté en reprise, Fusées, de Jeanne Candel, salle Benoît-XII, est un délice d'humour et d'imagination qui s'adresse à tous les publics, porté par d'irrésistibles virtuoses du jeu. C'est dans cette même salle que Milo Rau a fait halte avec le spectacle qu'il a concocté spécialement pour une « itinérance » dans le Vaucluse.
Armelle Héliot avec Alexis Campion