Théâtre : Stanislas Roquette raconte sa vie avec le diabète dans « Insuline & Magnolia »
ARMELLE HÉLIOT
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Stanislas Roquette dans « Insuline & Magnolia ».
LTD/Pascal Gely / Hans Lucas
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Stanislas Roquette dans « Insuline & Magnolia ».
LTD/Pascal Gely / Hans Lucas
Il n'est que charme et vitalité, énergie et sensibilité. Longue silhouette d'adolescent, visage aux traits fins, parfois mangé par un semblant de barbe, cheveux sombres, regard d'un bleu intense, voix harmonieuse : Stanislas Roquette est un artiste remarquable que le monde du théâtre suit depuis des années.
Des répertoires très anciens, tels des textes de saint Augustin, à des écrits contemporains en passant par Antonin Artaud. Il est cet après-midi, avec ses camarades réunis par la metteuse en scène Aymeline Alix, au Théâtre de la Tempête. Ils donnent la dernière parisienne de La Grande Dépression, pièce d'un tout jeune auteur, Raphaël Gautier.
Et dès mercredi 9 avril, il retrouve le théâtre La Reine Blanche, que sa fondatrice et directrice, Élisabeth Bouchaud, a consacré aux relations de la scène et de la science. C'est sur le vaste plateau de la grande salle que l'on a découvert pour la première fois Insuline & Magnolia, créé quelque temps plus tôt, en novembre 2021, à la maison de la culture d'Amiens, dont Stanislas Roquette est artiste compagnon. C'était il y a quatre saisons. Puis on revit ce seul en scène très original au Train Bleu, à Avignon, en juillet 2022.
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« J'avais écrit avant le confinement, explique-t-il aujourd'hui. Toutes les questions qui sont présentes, à propos de la maladie, de la mort, ont sans doute pris un relief particulier lorsqu'il a fallu traverser la période du Covid. Mais tout ce que je dis dans ce texte est d'abord personnel, tout est vrai. » Et c'est bien ce que l'on ressent en écoutant Insuline & Magnolia, titre insolite, léger d'apparence, mais qui recouvre la découverte de sa maladie, à 15 ans, et la disparition, à 25 ans, de la jeune femme qui sauve l'adolescent Stanislas de la dépression, l'ouvre à la poésie, à la beauté de la vie. À 40 ans, il se bat toujours contre le diabète, elle est morte d'une crise de paludisme. « Ce texte est une manière pour moi de remercier Fleur », dit-il, sobre, pudique.
ARMELLE HÉLIOT