1985, année culte pour la littérature… et pour les amours impossibles
Olivier Mony
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

40 ans plus tard... L’amour au temps du choléra.
LTD/Laura Acquaviva pour La Tribune Dimanche
Olivier Mony
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

40 ans plus tard... L’amour au temps du choléra.
LTD/Laura Acquaviva pour La Tribune Dimanche
Lorsque paraît L'Amour aux temps du choléra, Gabriel García Márquez - « Gabo » pour des millions d'intimes - n'est pas une vedette des lettres comme les autres. À 58 ans, auréolé du Nobel de littérature, le géant colombien est devenu un trésor national, continental, mondial, et ceci par la grâce d'un seul roman : Cent ans de solitude, paru en 1967. Depuis, les critiques le voient comme de pape du réalisme magique - genre où les histoires se mêlent de fantastique et où les métaphores deviennent réalité.
Les journalistes l'érigent tête de gondole du « boom latino » - cette génération d'auteurs sud-américains qui unissent les audaces des avant-gardes occidentales au substrat de leur continent. Et ses fanatiques (dont nous sommes) le traitent de plus grand auteur hispanophone en exercice depuis que Cervantès a mordu la poussière madrilène, et lui promettent la postérité tant qu'il y aura des lecteurs.
À lire également
Cette gloire n'est pas volée : Cent ans de solitude est bien un roman révolutionnaire, et pas seulement parce qu'il s'érige contre les multinationales américaines et les dictatures latinas complices. Son argument simplissime - les cent ans vécus par la famille Buendía dans le village isolé de Macondo - cache une narration vertigineuse qui couvre un siècle d'histoire, entremêle d'innombrables légendes avec le quotidien des personnages, relate la croissance et la chute d'une communauté... Et ceci d'une manière radicalement nouvelle car à la conception occidentale qui veut que le temps s'écoule en ligne droite, García Márquez a substitué la riche vision précolombienne où il s'enroule en cycles à la fois répétitifs et subtilement divergents.
Olivier Mony