Corentin Durand, les contemplations d’un jeune homme

Anna Cabana
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Un roman mûr par delà l'âge de son auteur.
LTD/Bénédicte Roscot

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Un roman mûr par delà l'âge de son auteur.
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Embrasser le sens et le mouvement de la vie dans le balancier d'un roman. C'est, en toute simplicité, l'ambition - folle et belle - de Corentin Durand dans Sarabandes X. Ça commence en 1953 à Saigon, « étrange ville peuplée de jeunes gens s'apprêtant à mourir », dans la moiteur suffocante d'une guerre qui semble éternelle.
Un jeune engagé, Paul-Bernard, craint pour la vie d'un médecin, beaucoup moins jeune, Pierre Motton, parti un peu plus tôt « remonter le fleuve » en quête, inarrêtable - et commencée trente ans auparavant ! -, de « la trace d'un mandarin nomade, Li Wen, qui avait quitté sa charge avec, sous son bras, un livre à brûler ». La charge mystérieuse de ces trois petits mots, « livre à brûler », contient déjà le talisman de l'intranquillité qui sous-tend le texte à la manière d'un ressort, cette injonction à « un certain degré de folie indispensable », comme on le lira beaucoup plus loin.
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En attendant, deux pages après Saigon en 1953, on est catapulté en 2017, à Paris, avec Pierre, le fils de Paul-Bernard, à l'occasion de l'enterrement de ce dernier - dont on comprend qu'il aura finalement été le réalisateur, non pas des documentaires de guerre et des longs-métrages politiques dont il rêvait, mais de films pornographiques à succès. Dont l'actrice vedette, Veronica Billa, vient se présenter à Pierre devant la « grande boîte de silence » dans laquelle repose... l'homme de sa vie.
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