La manufacture de porcelaine née au XVIIIe siècle en Toscane perpétue un savoir-faire unique. Visite guidée des ateliers.
Elle se déploie sur les plaines verdoyantes des collines de l'Appenin, à Sesto Fiorentino, aux portes de Florence. Les couronnes des pins parasols et les cimes dressées des cyprès esquissent avec élégance le paysage de Ginori 1735, fleuron de la porcelaine italienne. Derrière les portes de l'atelier, le silence n'est qu'apparent. Il y a le bruit feutré des gestes, la concentration des artisans, le vrombissement régulier des machines.
L'espace est immense : 100.000 mètres carrés sur deux niveaux. Sans cloison ni rupture. Les ateliers s'enchaînent comme les mouvements d'une partition bien orchestrée. Sculpture, moulage, coulage de la barbotine en centrifugeuse - par dizaines - émaillage, cuisson, jusqu'aux finitions, pochoirs, aérographe, peinture à la main, contrôle qualité. Une chorégraphie fluide et exigeante.
Chaque geste raconte une histoire. Chaque étape poursuit la quête d'excellence. Chaque artisan incarne un héritage millénaire consacré à l'art du feu : celui de la porcelaine. Car la céramique, sous ses multiples visages - porcelaine, faïence, grès, terre cuite - existe depuis la nuit des temps. Bien avant le métal ou le verre. Depuis le néolithique, l'homme façonne terre et feu. Il faudra attendre Marco Polo, au XIIIe siècle, pour que les premières porcelaines dures venues de Chine traversent la route de la soie. Il les nommera « porcellana », du nom du coquillage nacré que chérissaient les Romains.
Dans la salle des sculptures, des centaines de céramiques, porcelaines et chefs-d’œuvre antiques se côtoient retraçant trois cents ans d’histoire de la manufacture florentine. (Crédits : LTD/Courtesy of Ginori)
Par Élisabeth Lazaroo, envoyée spéciale à Sesto (Italie)