Visioconférences, visites diplomatiques et sorties en foil... Les vacances mouvementées du président au fort de Brégançon
Comme tous les ans depuis 2018, le président et sa famille passent leur traditionnelles vacances estivales au fort de Brégançon. Entre photos volées, visioconférences et visites de chefs d'État étrangers, on vous raconte ce qu'il se passe derrière les murs de cette forteresse vielle de 2400 ans.
Hannah Charhon
Cet été, c’est le président du Conseil Européen António Costa qui a été accueilli au fort.
Perchés depuis plus de 2400 ans sur une falaise de Bormes-les-Mimosas à 35 mètres d'altitude, les murs du mythique fort de Brégançon réservent bien des secrets. C'est peut-être pour cette raison que le couple présidentiel aime y passer ses traditionnelles vacances estivales, à l'abri des regards.
Résidence présidentielle depuis 1968 sur décision du général de Gaulle, le fort n'a pourtant pas toujours fait l'unanimité auprès des présidents. De Gaulle lui-même n'y passa qu'une seule nuit pestant contre les moustiques et son lit trop petit. Jacques Chirac confia qu'il « s'y emmerdait » et François Hollande en garda « un mauvais souvenir » en raison de la cohorte de paparazzis qui le suivait jusque dans la mer. Emmanuel Macron, lui, est son plus fidèle occupant. Il s'y rend chaque année sans exception avec sa famille, jusqu'à en faire une extension de l'Elysée.
Le fort, jusque-là administré par le Centre des monuments nationaux, est désormais placé sous la gestion directe du palais. Rénovations, rencontres officielles, escapades en jet-ski... le président français a su remettre le fort de Brégançon au goût du jour. Retour sur une histoire d'amour entre le président et son lieu de vacances préféré.
Une remise au goût du jour
En 2018, le président y passe ses premières vacances après une campagne de modernisation : rafraîchissement des pièces, nouvelle décoration, aménagement du jardin et installation d'équipements de communication sécurisés, avec salles de visioconférence.
Le fort est situé sur une falaise de Bormes les Mimosas sur la Côte d'Azur. (Crédits : LTD/PHILIPPE MAGONI/Pool via Reuters)
Un vent nouveau pour ce lieu peu utilisé par ses prédécesseurs. Une piscine « hors sol » a été installée prude temps avant sa venue pour, selon l'Elysée, réduire les frais liés à la surveillance des baignades en mer. Du jamais vu depuis 1968. L'aménagement, d'un coût de 34.000 euros, ne manque pas de déclencher de vives critiques. « Hors sol, comme sa politique », cingle le député socialiste Olivier Faure.
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Des sorties commentées
À Brégançon, le président n'hésite pas à mettre son agenda politique de côté pour savourer les plaisirs de la Côte d'Azur. Boxe, course à pied, natation, mais aussi jet-ski et canoë-kayak : Emmanuel Macron profite de son séjour pour s'entretenir et pratiquer diverses activités sportives. Quitte à s'exposer.
En 2022, dans un contexte d'urgence climatique, marqué par une sécheresse sévère et des incendies en France, la photographie du président sur un jet ski provoque la colère des écologistes. La députée Sandrine Rousseau monte au créneau sur Twitter : « Ceci confirme cette impression persistante qu'il ne comprend pas le réchauffement climatique. Et aujourd'hui, il est criminel de ne pas le comprendre. » Quelques semaines plus tard, il est de nouveau photographié en canoë-kayak. Certes plus écologique, mais le mal est déjà fait...
Cet été, le président n'a pas échappé aux traditionnelles photos de vacances qui font le bonheur de la presse people. Plus de jet-ski polémique ni de canoë qui prend l'eau mais... un foil électrique, nouveau jouet préféré du président depuis maintenant deux ans. « Mais quel beau papi », signe ironiquement cette semaine le magazine Voici sur une photo « volée » d'Emmanuel Macron sur sa planche au soleil couchant.
La Une de Voici de cette semaine montrant le président sur son foil électrique. (Crédits : LTD/Voici)
Une cible des militants
Devenu un symbole marquant de sa politique, le fort de Brégançon se retrouve au cœur des tensions sociales : en 2018, une quarantaine de gilets jaunes, pensant y trouver le président tentent d'y pénétrer avant d'être interpellés par la gendarmerie. Trois ans plus tard, des opposants à sa politique vaccinale contre le Covid-19 et au passe sanitaire y manifestent par dizaines. En 2023, c'est au tour des militants opposés à la réforme des retraites de s'y rendre. Ils réussiront même à y couper l'électricité.
Un outil diplomatique
Surnommé « l'Élysée des mers », le fort s'est transformé en véritable outil diplomatique, sous l'impulsion du président. Loin du cadre parisien, il offre une atmosphère plus intimiste pour organiser des rencontres diplomatiques. Theresa May, Vladimir Poutine, Angela Merkel... Nombreux sont les dirigeants étrangers à s'y être rendu entre 2018 et 2020 pour échanger sur les divers sujets brûlants d'actualité.
Cet été, c'est le président du Conseil Européen António Costa qui a été accueilli au fort. À quelques jours du sommet très attendu du 15 août en Alaska entre Vladimir Poutine et Donald Trump, les deux dirigeants ont échangé sur la situation en Ukraine. Depuis "L'Elysée des mers", le chef de l'État enchaîne les appels avec plusieurs homologues pour préparer cette rencontre bilatérale entre le président russe et le président américain. Cet été, changement de rythme pour Emmanuel Macron, fini le jet ski, cap sur... les visioconférences.