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ÉconomieUnion européenne

Portugal : le Premier ministre Antonio Costa démissionne, acculé par un scandale de corruption

latribune.fr

Publié le 07 novembre 2023 à 16:05 - Mis à jour le 07 novembre 2023 à 17:01

Antonio Costo, ancien maire de Lisbonne et avocat de 62 ans d'origine indienne, était devenu Premier ministre du Portugal en 2015 avec le soutien inédit de la gauche radicale et des communistes portugais.

Antonio Costo, ancien maire de Lisbonne et avocat de 62 ans d'origine indienne, était devenu Premier ministre du Portugal en 2015 avec le soutien inédit de la gauche radicale et des communistes portugais.

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L'affaire qui a rattrapé le Premier ministre portugais concerne, selon le parquet, des soupçons de « malversation, corruption active et passive de titulaires de fonctions politiques et trafic d'influence » concernant l'attribution de licences d'exploration de lithium et de production d'hydrogène. Antonio Costa est soupçonné d'être lui-même intervenu « pour débloquer des procédures » dans le cadre de cette affaire.

Acculé par une affaire de corruption qui a mené à l'inculpation de l'un de ses ministres et de son chef de cabinet, le Premier ministre portugais Antonio Costa a fini ce mardi par présenter sa démission. « Les fonctions de Premier ministre ne sont pas compatibles avec un quelconque soupçon portant sur mon intégrité. Dans ces circonstances, j'ai présenté ma démission au président de la République (ndlr, le conservateur Marcelo Rebelo de Sousa) », a-t-il indiqué devant la presse.

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Il revient désormais au chef de l'Etat d'accepter cette démission. « L'avenir dépendra des décisions du président », a lancé Antonio Costa, un des rares socialistes - en sursis - à la tête d'un gouvernement européen.

Ses proches et ses ministres éclaboussés

L'affaire qui a rattrapé le Premier ministre portugais concerne, selon le parquet, des soupçons de « malversation, corruption active et passive de titulaires de fonctions politiques et trafic d'influence » concernant l'attribution de licences d'exploration de lithium et de production d'hydrogène. Au cours de l'enquête, « le nom et l'autorité du Premier ministre ont également été cités par les suspects », a ajouté ce mardi le ministère public dans un communiqué.

Soupçonné d'être lui-même intervenu « pour débloquer des procédures » dans le cadre de cette affaire, Antonio Costa fera « l'objet d'une enquête » autonome, toujours selon le parquet. Au cours de son allocution devant la presse, Antonio Costa a toutefois assuré être « surpris » par l'ouverture de cette enquête.

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Les enquêteurs s'intéressent plus précisément à la concession de licences « d'exploration de mines de lithium » dans le nord du Portugal, à « un projet de production d'énergie à partir d'hydrogène » et à « un projet de construction d'un data center de la société Start Campus » sur le site Sines, au sud de Lisbonne. Mardi matin, des perquisitions ont ainsi été menées dans la résidence officielle du Premier ministre, dans plusieurs domiciles, des ministères et cabinets d'avocats.

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Compte tenu des éléments recueillis par les enquêteurs, du « risque de fuite et de poursuite de l'activité criminelle », la justice a même émis « des mandats d'arrêt » à l'encontre du chef de cabinet du Premier ministre Costa, du maire de la ville Sines et de deux administrateurs de « Start Campus ». Le ministre portugais des infrastructures Joao Galamba a été pour sa part inculpé, comme le président du conseil de direction de l'Agence portugaise pour la protection de l'environnement (APA).

Popularité érodée par les affaires de corruption

Après sa large victoire électorale le 30 janvier 2022, qui lui a donné une majorité absolue censée garantir la stabilité de son gouvernement, Antonio Costa a vu sa popularité s'éroder en raison de scandales à répétition. L'un des plus marquants est le « TAPgate », du nom de la compagnie aérienne publique qui a contraint plus d'une dizaine de ministres et de secrétaires d'Etat à quitter leur poste en raison de cette affaire.

Ce scandale a été révélé il y a près d'un an après des révélations sur le versement d'une indemnité de départ de 500.000 euros à une administratrice de TAP, qui a ensuite atterri quelques mois plus tard au poste de secrétaire d'Etat au Trésor.

Antonio Costo, ancien maire de Lisbonne et avocat de 62 ans d'origine indienne, était arrivé au pouvoir en 2015 avec le soutien inédit de la gauche radicale et des communistes, après avoir pourtant perdu les élections. Cette alliance lui a permis de tenir un premier mandat de quatre ans, sur fond de conjoncture favorable pour sortir des mesures d'austérité mises en œuvre par la droite, en échange d'un plan de sauvetage international accordé en 2011.

Antonio Costa a par la suite continué à assainir les comptes publics pour afficher le premier excédent budgétaire de l'histoire récente du Portugal. Remportant ensuite les législatives d'octobre 2019 sans majorité absolue, Antonio Costa n'est pas parvenu à conserver son alliance à gauche, ce qui l'a contraint à gouverner en minorité, avant que ses anciens partenaires ne finissent par le lâcher totalement suite à l'échec des négociations autour du budget 2022.

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Antonio Costa a enfin remis en jeu son mandat en janvier 2022, lui permettant de décrocher la majorité absolue contre tous les pronostics, jusqu'à être rattrapé progressivement par les affaires de corruption.

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