ENTRETIEN — Boris Johson publie ses Mémoires. L’occasion de demander à l’ancien Premier ministre britannique son avis sur lui-même, mais aussi sur ceux qu’il a côtoyés, admirés ou détestés.Il vous accueille d'un tonitruant « bonjour ! » dans ce français qu'il affectionne tant. Deux ans et demi après avoir piteusement quitté le 10 Downing Street, Boris Johnson est de retour tel qu'en lui-même : affable, drôle, avec ce je-m'en-foutisme - notamment capillaire - trop étudié pour être tout à fait authentique. À 60 ans, il publie — (Stock). Une somme de plus de 700 pages où il retrace « l'histoire de la Grande-Bretagne des quinze dernières années », vante sa théorie du « nivellement par le haut » et justifie encore et toujours le Brexit.
Plus que des Mémoires, il considère son ouvrage comme un « vade-mecum » pouvant servir à tous les dirigeants. Nous avons profité de sa venue à Paris pour lui demander son opinion sur ceux qui sont encore en place. Mais aussi ce qu'il pensait de lui-même, de Churchill ou de Dieu...
LA TRIBUNE DIMANCHE — Emmanuel Macron
BORIS JOHNSON — J'avais de très bonnes relations avec lui. C'est un type formidable. Il adore le Royaume-Uni, c'est évident. D'ailleurs, il a d'abord été un banquier londonien. Mais il est en colère au sujet du Brexit. Depuis, il nous a comme enfermés dans un frigo. J'ai envie de lui demander : « Emmanuel, quand vas-tu nous ouvrir la porte de ce frigo ? » Ensemble, nous avons déjà fait des choses extraordinaires, comme le Concorde. C'est quoi la prochaine étape ?
Je l'aime beaucoup. Il est très droit, correct. Vraiment un type bien. Et puis c'est un top négociateur. Pendant les négociations sur le Brexit, il était dur. Mais mes équipes l'étaient aussi. Il y avait un grand respect mutuel. Je ne veux pas vraiment commenter son action en tant que Premier ministre en France. Mais nos pays, la France comme la Grande-Bretagne, doivent trouver une façon de restreindre la dépense publique. Dans nos démocraties, il y a toujours de la colère quand on coupe dans les budgets. Il vous faut donc quelqu'un, comme Michel, avec les compétences pour le faire.
Propos recueillis par Antoine Malo