Au téléphone, dans la voix de Nir Issachar perce une pointe de soulagement. « On pensait devoir retourner à Gaza, mais finalement mon unité vient d'être affectée dans le Nord à partir de mi-septembre, explique ce père de famille de 37 ans. D'un côté, j'ai tendance à vouloir servir là où les besoins sont les plus pressants, donc plutôt sur le front offensif que défensif. De l'autre, je connais parfaitement les risques. »
Comme la plupart de ses frères d'armes, ce commandant d'une équipe de combat n'a pas été étonné d'être rappelé, le ministre de la Défense ayant acté le 20 août l'opération Chariots de Gédéon 2 : une offensive d'envergure sur la ville de Gaza pour laquelle
60. 000 réservistes seront appelés sous les drapeaux, et potentiellement 130 .000 d'ici à mars prochain.
Pour autant, Nir Issachar, qui a déjà effectué deux cent soixante jours de service dans la réserve depuis le début de la guerre, ne cache pas que le prix à payer, sur le plan personnel, est de plus en plus élevé. « La situation devient complexe pour toute la famille, glisse ce salarié d'une entreprise de formations aux hautes technologies qui réside près de Beit Shemesh, 30 kilomètres à l'ouest de Jérusalem. Sans compter que nous avons perdu des amis au combat. »