Alors que le Pape François a « complètement éclaté le collège cardinalice », le conclave pour désigner son successeur s'annonce imprévisible. Un vote d'autant plus inédit que les cardinaux ne se connaissent pas.Dans la chapelle Sixtine sous les fresques de Michel-Ange, l'élection du pape obéit à un rituel ancien à la fois très codifié et très solennel. D'après la Constitution apostolique édictée par Jean-Paul II en 1996, les cardinaux électeurs venus du monde entier, doivent entrer en conclave 15 jours au moins et 20 jours au plus après la mort ou le renoncement du souverain pontife.
Seuls les cardinaux âgés de moins de 80 ans (sur un collège de 252 prélats, ils sont 137 à ne pas avoir atteint cet âge) participent au conclave. Pour élire le pape à la majorité des deux tiers, les cardinaux procèdent à quatre scrutins par jour, deux le matin et deux l'après-midi, jusqu'à ce que l'un des membres du collège cardinalice rassemble suffisamment de suffrages pour être proclamé pape.
Unique au monde, cette élection à huis clos se déroule officiellement sans campagne électorale, ni candidat. « Le scrutin sera d'autant plus incertain cette année que François a complètement éclaté le collège cardinalice. Comme le pape n'a réuni ses cardinaux en consistoire qu'une seule fois en février 2014, ils ne se rencontrent plus et ne se connaissent pas », observe le vaticaniste italien Sandro Magister, créateur du blog settimocielo.be.
La majorité non progressiste
Moins nombreux qu'en 2013, les Européens qui constituent encore 40 % de l'assemblée, sont toujours surreprésentés parmi les électeurs. Si la part des Sud-Américains est stable (17 %), le nombre de cardinaux asiatiques a doublé, passant de 8 % à 16 %. Le fait que Jorge Mario Bergoglio depuis son élection le 13 mars 2013, ait nommé 80 % des cardinaux électeurs, aura-t-il une influence sur le profil de son successeur, qui serait plus enclin à poursuivre dans la voie des réformes ?