[Article initialement publié dans les colonnes de La Tribune Dimanche, dimanche 01 décembre 2024 à 05h35 et mis à jour le lundi 02 décembre 2024 à 09h35]
La visite d'État d'Emmanuel Macron en Arabie saoudite (du 2 au 4 décembre) a suscité de nombreux espoirs parmi les industriels de la défense. Mais, a priori, ce voyage ne sera pas l'occasion de signer de grands contrats dans le domaine de l'armement en dépit de la présence importante de grands patrons de ce secteur dans la délégation française : ni Rafale, ni satellites d'observation, ni avions de mission (A400M, avions ravitailleurs)... Le calendrier de ce voyage arrive, selon plusieurs observateurs, au plus mauvais moment pour la France : une visite d'État coincée entre l'élection présidentielle américaine début novembre et l'arrivée de la nouvelle administration Trump en janvier 2025. Pour Riyad, il y a urgence à attendre l'installation dans le Bureau ovale de Donald Trump pour se prononcer sur certains grands dossiers d'armement, notamment celui sur les avions de combat.
Si le Rafale a eu sa chance, c'est seulement en raison du très long veto allemand sur une nouvelle exportation du Typhoon, fabriqué par le consortium Eurofighter (BAE Systems, Airbus et l'italien Leonardo) en Arabie saoudite, à la grande fureur de Londres. Berlin, qui a depuis levé son veto, ne souhaitait pas fournir à Riyad de nouvelles armes qui auraient pu servir dans le conflit au Yémen.