En limogeant des fonctionnaires du ministère de l’Agriculture et de l’organe qui surveille la circulation des virus, l’administration américaine expose le pays, déjà très touché par la maladie, à une pandémie.La pénurie d'œufs aux États-Unis n'était qu'un premier avertissement : les rayons volailles des supermarchés américains pourraient se vider dans les prochaines semaines, à la faveur d'une nouvelle épidémie de grippe aviaire. Pour la première fois depuis huit ans, une nouvelle souche de la maladie, le H7N9, a fait son apparition le 13 mars dans un élevage du comté de Noxubee, Mississippi.
Le H5N1, qui ravage les exploitations outre-Atlantique depuis janvier 2022 (1 600 foyers identifiés, 166 millions de poulets et dindes abattus), a atteint les bovins l'an passé, avec un millier de vaches laitières affectées ; 70 cas de contamination humaine ont été recensés, et un premier décès est survenu en Louisiane le 6 janvier. Quant aux 950 cas à travers le monde, la moitié ont entraîné la mort, confirmant la létalité de la pandémie.
Face aux préoccupations des éleveurs, exposés aux souches virales, et alors que la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, appelle toutes les chancelleries à intensifier leurs efforts et envisager une vaccination animale à grande échelle, la réponse de l'administration Trump n'est guère rassurante.
Le 14 février, le département de l'Agriculture (USDA) recevait pour instruction de licencier 5 800 employés fédéraux. Usant d'un algorithme, les censeurs de l'Office of Personnel Management (OPM) auraient « accidentellement » limogé 25 % des effectifs du réseau de 58 laboratoires de veille sanitaire du National Animal Health Laboratory Network (NAHLN). En parallèle, les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), en première ligne dans la lutte contre les panzooties, faisaient eux aussi l'objet de coupes indiscriminées.
Maurin Picard, correspondant à New York et Garance Le Caisne