REPORTAGE — L’industrie du divertissement risque d’être bouleversée par la catastrophe en cours à Los Angeles. Plusieurs tournages et cérémonies ont déjà été annulés ou reportés à Hollywood.
Postée devant l'une des fenêtres de sa maison, sur Mulholland Drive, près de Hollywood, Ginger Perkins Immerman observe nerveusement l'épaisse fumée des incendies qui se rapproche. « L'alerte vient de virer au rouge. Je dois évacuer », lance la productrice de cinéma, en jetant un coup d'œil anxieux à une notification sur son portable. Dehors, sa voiture remplie de ses effets personnels est déjà prête à partir.
Depuis mardi, les feux qui ravagent la région de Los Angeles ont mis l'industrie du divertissement à l'arrêt. « Les studios ont été obligés de fermer. Il y a encore quelques contrats qui se signent, mais dans l'ensemble tout le monde a la tête ailleurs », raconte celle qui préside la société indépendante Frantic Redhead Productions.
Plusieurs lieux emblématiques ont été touchés de plein fouet par la catastrophe : la ville de Pacific Palisades, où vivent de nombreux acteurs et producteurs de cinéma, a presque été complètement rayée de la carte. Quelque 5 300 structures ont été détruites, parmi lesquelles les maisons des acteurs Billy Crystal et Anthony Hopkins.
Un peu plus à l'est, le ranch de la star du cinéma des années 1920 Will Rogers, classé monument historique, n'a pas non plus résisté aux flammes. Mercredi, c'est le quartier de Hollywood qui a été gagné par la panique, après un départ de feu au pied de ses célèbres collines. L'ordre d'évacuation d'urgence a provoqué des embouteillages massifs autour de Hollywood Boulevard et causé la fermeture du Chinese Theatre et du Hollywood Bowl.
Le chaos semé par les feux à Los Angeles inquiète les professionnels du cinéma, qui redoutent que la catastrophe porte un nouveau coup à une industrie déjà en plein bouleversement. Après la crise du Covid et les grandes grèves des scénaristes et des acteurs de 2023 qui avaient mis tout le secteur à l'arrêt pendant six mois, « l'activité a repris au ralenti » en 2024, témoigne Rachel Dickson, une assistante de production écossaise qui travaille depuis plus de vingt ans à Hollywood. Les studios se montrent aujourd'hui beaucoup plus frileux quant à la dépense, limitant le nombre de projets dans lesquels investir.
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Noémie Taylor-Rosner, correspondante à Los Angeles