Une journée décisive. Dans la grave crise politique qui secoue la Géorgie depuis un mois, ce dimanche marque la fin officielle du mandat de Salomé Zourabichvili et le début de celui de son successeur, Mikhaïl Kavelachvili. Mais la présidente en exercice refuse de quitter son poste. Le Premier ministre a beau la menacer d'emprisonnement si elle s'obstine à rester dans le palais Orbeliani, elle n'a cessé de marteler : « Je resterai présidente tant que de nouvelles élections législatives ne seront pas organisées ».
Hier, elle a d'ailleurs rejoint les dizaines de milliers de Géorgiens qui ont organisé une chaîne humaine à travers le pays pour soutenir ses revendications. La présidente accuse le parti au pouvoir depuis 2012, Rêve géorgien, fondé par le milliardaire prorusse Bidzina Ivanichvili, d'avoir falsifié le scrutin législatif du 26 octobre et d'avoir usurpé la victoire. Des allégations partagées par l'ensemble des partis d'opposition et confirmées par plusieurs rapports d'ONG indépendantes qui ont conclu à des irrégularités généralisées et systémiques.
Salomé Zourabichvili dénonce aussi la volonté du gouvernement d'éloigner la Géorgie de son destin européen pour la ramener dans l'orbite du Kremlin. C'est d'ailleurs la décision du Premier ministre, le 28 novembre, de suspendre le processus d'adhésion à l'Union européenne qui a mis le feu aux poudres, la population, proeuropéenne à plus de 80 % selon les sondages, la jugeant inacceptable. Depuis, la contestation qui agite le petit pays de 3,7 millions d'habitants est sans précédent.