Limogeages, absolutisme et traque de ses « ennemis » : Donald Trump mène-t-il son pays « vers un Reich américain » ?
Maurin Picard, correspondant à New York
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Donald Trump est-il en train de franchir la ligne invisible « qui sépare la démocratie de l'autoritarisme », comme l'écrit le journaliste Garrett Graff sur son blog « Doomsday Scenario » ?
Alors que le président américain multiplie les limogeages et perquisitions chez ses détracteurs, il a également évoqué, cette semaine, le projet de déployer des troupes dans les villes démocrates, semblant ainsi avoir renoué avec l’autoritarisme.
Aucun visiteur n'y échappe mais personne ne fait mine de le relever : depuis que Donald Trump reçoit des invités de marque à la Maison-Blanche, les murs et linteaux se sont couverts de cadres et de sculptures dorés servant de décor aux « photo ops » présidentielles. Idem dans le Bureau ovale, désormais « beau et brillant », à en croire le chef de l'État sud-coréen, Lee Jae-myung, de passage le 24 août.
Les collaborateurs du 47e président américain, eux, jouent la surenchère : « La couleur préférée de mon fils Vivek [5 ans] est l'or, minaude le vice-président J.D. Vance. Chaque fois qu'il entre dans le Bureau ovale, il est épaté par le décor, si brillant, si vivant. »
Cette appétence pour tout ce qui brille ne porterait guère à conséquence si elle n'appuyait une embardée dans l'exercice absolutiste du pouvoir par l'ex-promoteur immobilier du Queens. « Les historiens, à l'avenir, débattront du moment précis où une ligne invisible a été franchie, celle qui sépare la démocratie de l'autoritarisme », écrit le journaliste Garrett Graff sur son blog « Doomsday Scenario ».
Donald Trump lui-même s'amuse des qualificatifs dont l'affublent ses détracteurs, soucieux de plaire à ses supporters avec cette image d'« homme fort » et déterminé à traquer tous les « ennemis » de l'Amérique. « Le refrain, c'est que je suis un dictateur, mais je lutte contre la criminalité, a-t‑il déclaré le 25 août. Beaucoup de gens disent : "Vous savez, si c'est le cas, je préférerais un dictateur." Mais je ne suis pas un dictateur. Je sais juste comment arrêter la criminalité. »
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