Leur appel à la grève générale dimanche 17 août devrait se limiter à un nouvel élan de solidarité. Si le conflit à Gaza est devenu impopulaire, la fatigue des Israéliens pèse sur la mobilisation.« Regardez-nous dans les yeux. Dimanche 17 août, nous arrêtons le pays pour ramener nos proches, pour stopper la guerre, pour secourir tous les otages et les soldats. Pour sauver le pays. » Il y a sept jours, Lishay Miran-Lavi, dont le mari, Omri (48 ans), a été kidnappé le 7 octobre 2023 à son domicile du kibboutz de Nahal Oz, a délivré le message des familles d'otages appelant le pays à la grève générale.
Sa voix n'a pas tremblé. Mère de deux fillettes, celle qui se bat depuis vingt-deux mois pour la libération de son époux, thérapeute et jardinier, l'un des 20 captifs estimés en vie sur les 50 dans les griffes du Hamas, sait qu'il s'agit d'une lutte de la dernière chance.
La publication les 1er et 2 août par le Djihad islamique et le Hamas de vidéos montrant deux otages israéliens squelettiques et désespérés a plongé le pays dans l'effroi. L'annonce, vendredi 8 août, par le gouvernement de Benyamin Netanyahou, d'un plan d'intensification des opérations militaires à Gaza a quant à elle été accueillie par les familles d'otages comme un signe d'abandon de leurs proches. Pour autant, l'électrochoc, au sein d'une société israélienne épuisée par deux années de guerre, se fait attendre.
« Imposer un accord global »
En septembre 2024, à la suite de la découverte des corps de six otages exécutés par leurs geôliers dans un tunnel de Rafah, la Histadrout - la puissante centrale syndicale - avait appelé à la grève générale. L'objectif était d'accroître la pression sur le gouvernement pour obtenir un accord de libération. Mais, alors que l'économie était à l'arrêt, le tribunal du travail de Tel-Aviv avait statué au bout de quelques heures : selon lui, il s'agissait d'une grève politique, il avait donc ordonné la reprise des activités. Cette fois, le syndicat n'a pas repris à son compte le mot d'ordre des familles, qui devront se contenter d'un élan de solidarité de vingt-quatre heures, sur la base du volontariat. L'impact en est incertain.
Nathalie Hamou, correspondante à Tel-Aviv