Des scientifiques chinois de l'Institut de physique appliquée de Shanghai se sont récemment félicités d'avoir pu recharger un réacteur nucléaire expérimental, non pas avec des combustibles comprenant des pastilles d'uranium, mais avec du thorium. Une première mondiale.
Le thorium est un élément radioactif largement répandu dans la croûte terrestre. Utilisé comme combustible pour les centrales atomiques, il permettrait d'émettre bien moins de déchets radioactifs à vie longue. De quoi pousser certains acteurs à envisager le thorium comme une véritable alternative à l'uranium. Reste que l'utilisation de ce métal argenté, découvert en 1828 et nommé d'après le nom de Thor, le dieu du tonnerre, présente encore de nombreux défis.
Le point en cinq questions.
Si le thorium fait l'objet d'un grand intérêt c'est notamment en raison de son abondance. Il est, en effet, trois à quatre fois plus abondant que l'uranium et moitié moins abondant que le plomb. « Il est surtout mieux réparti sur le globe que l'uranium dont les gisements sont concentrés dans des grandes mines situées en Australie, en Afrique, au Canada ainsi qu'au Kazakhstan [qui représente aujourd'hui 40 % de la production mondiale] », explique François Sudreau, chef du programme cycle nucléaire au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). On retrouve ainsi de grands gisements de thorium en Australie, au Canada, aux États-Unis, en Inde, au Venezuela, au Brésil, mais aussi en Norvège et en Égypte.