Réarmement de l’UE, l’insoluble équation

Florence Autret
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L'Union européenne souhaite se réarmer pour ne pas avoir à dépendre des Américains.
LTD/Martin Bertrand/Hans Lucas via Reuters

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L'Union européenne souhaite se réarmer pour ne pas avoir à dépendre des Américains.
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L'Europe, combien de divisions ? Entre le retour d'un Donald Trump prêt à revenir sur son engagement dans l'Otan et la guerre en Ukraine qui frappe toujours à la porte de l'UE, la question prend pour les Vingt-Sept un caractère d'urgence inédit. « L'investissement dans la défense doit augmenter, explique-t-on dans l'entourage d'António Costa, le nouveau président du Conseil européen. Ce n'est pas une question de "si" mais de "comment". » Pour répondre à ce « comment », le Portugais a convié les chefs d'État et de gouvernement de l'Union à un débat à huis clos, lundi à Bruxelles.
Quand il s'agit de chiffrer l'origine des achats de matériel militaire par les pays européens, les experts divergent. Une chose est néanmoins certaine : les efforts de réarmement pour atteindre l'objectif de 2 % du PIB fixé par l'Alliance atlantique ont bénéficié aux États-Unis. Entre 2019 et 2023, selon l'institut suédois Sipri, 55 % des importations européennes venaient d'outre-Atlantique. Soit trois fois plus, en valeur, que sur la période 2014-2018.
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À la veille de la réunion, le dilemme est donc sur toutes les lèvres : comment répondre à l'urgence du réarmement tout en développant à moyen terme une base industrielle de défense en Europe ? Si les Européens se réarment vite, ils achèteront aux États-Unis, au Brésil ou en Asie. S'ils souhaitent développer leurs propres technologies et outils de production, cela prendra du temps et ils resteront démunis face à leurs puissants voisins. Trouver un chemin entre ces deux écueils, « c'est un peu comme la chirurgie du cœur », explique un officiel européen. « Cela peut sauver la vie, mais c'est aussi très difficile. »
Florence Autret