SONDAGE EXCLUSIF. Guerre au Moyen-Orient : les entreprises face à l’onde de choc des prix
En France, 45 % des chefs d’entreprise sont inquiets de voir leur facture d’énergie grimper, selon la dernière Grande consultation des entrepreneurs CCI France, La Tribune et LCI,
Selon la dernière Grande consultation des entrepreneurs CCI France, La Tribune et LCI, 45 % des chefs d’entreprise sont inquiets de voir leur facture d’énergie grimper.
Le spectre d'une nouvelle crise plane sur l'économie mondiale. En attaquant militairement l'Iran, l'Amérique de Donald Trump a précipité les milieux économiques et financiers dans une profonde incertitude. Les craintes d'un nouvel embrasement dans la région ont ressurgi. Et, un potentiel blocus du détroit d'Ormuz pourrait faire flamber les cours de l'Or noir au moment où les entreprises sont particulièrement inquiètes.
Dans la dernière Grande consultation des entrepreneurs réalisée par OpinionWay pour CCI France, La Tribune et LCI, 45% des dirigeants affirment que le coût de l'énergie est leur premier sujet de préoccupation. L'indice des prix en Europe a certes ralenti depuis la guerre en Ukraine mais les tensions au Moyen-Orient ont ravivé les craintes d'une explosion des coûts des énergies fossiles.
« Les variations des coûts de l'énergie représentent et restent un défi majeur pour les chefs d'entreprise, ayant des répercussions profondes sur leur activité, leur rentabilité et leur capacité à investir », alerte le président de CCI France, Alain Di Crescenzo.
Parmi les sujets de crispation, arrivent ensuite la hausse des coûts du crédit (12%) et les conflits armés dans le monde (8%). Une récente étude de l'institut pour la paix à Oslo a montré que le nombre de conflits armés sur la planète avait atteint un record en 2024 depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Et l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier dernier a rebattu les cartes en Europe face à l'offensive de Vladimir Poutine en Ukraine.
En première ligne, de nombreux États européens ont réengagé des dépenses militaires mises sur pause depuis la fin de la guerre froide. « Les chefs d'entreprise sont aujourd'hui confrontés à un environnement mondial de plus en plus volatil et incertain, marqué par une multitude de perturbations. Ils sont contraints d'être plus attentifs à leurs charges et certains craignent pour la viabilité de leur entreprise », affirme Alain Di Crescenzo. Au total, 66 % des entreprises se déclarent exposées aux perturbations de l'économie mondiale. Et seul un tiers des sondés affirment échapper à tous ces soubresauts.
Newsletter
La Tribune Dimanche
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.
La Grande consultation des entrepreneurs CCI France, La Tribune et LCI. (Crédits : LTD/CCI France ; La Tribune ; LCI)
En bas du classement des sujets d'inquiétude arrivent la crise climatique (4%), l'intelligence artificielle (4%) et l'envolée des droits de douane (4%). Sur ce dernier point, la France apparaît certes moins exposée que l'Allemagne ou encore l'Italie. Mais certains secteurs comme le luxe, les vins et spiritueux ou encore l'aéronautique dépendent de la demande américaine.
Quant au réchauffement climatique, les entreprises pourraient devoir faire face à des investissements en décarbonation majeurs dans les années à venir. Là encore, l'heure est plutôt au retour de bâton sur le Vieux continent et aux États‑Unis. Une perspective qui inquiète de nombreux secteurs pourtant investis dans la lutte contre le réchauffement de la planète.
Autre résultat surprenant, le réchauffement climatique a peu d'impact sur les choix d'investissement des entreprises. 70% affirment que cette crise n'a pas influencé leur décision d'investissement. Et 74% indiquent que les perturbations sur le climat n'ont pas eu de répercussions sur leurs choix de production.
À l'inverse, seul un quart des répondants déclare que la menace du réchauffement a eu un impact sur leurs choix de production et 29% sur leurs décisions d'investissements. Sur la question du calendrier pour atteindre la neutralité carbone, 39 % des chefs d'entreprise pensent que cet objectif est atteignable avant 2050 conformément aux objectifs de la France. Signe inquiétant, 39% des répondants affirment à l'inverse que cet objectif est irréalisable avant 2050 et 15% ne savent pas répondre.
Sur le front du travail, l'équilibre vie professionnelle-vie personnelle est cité comme le premier défi chez les chefs d'entreprise (44%). Viennent ensuite l'investissement dans les compétences des collaborateurs (30%) et la flexibilité des horaires (30%). L'adoption des nouvelles technologies dans le quotidien des salariés est également citée par trois chefs d'entreprise sur 10. À l'opposé, le maintien de la culture d'entreprise (23%) ou encore les politiques d'inclusion (11%) arrivent en bas de classement.