Affaires de famille (3/7) – Outre les très grands groupes encore détenus par leurs fondateurs ou leurs descendants et les TPE, la France compte environ 50.000 entreprises familiales. Cotées ou non, elles sont présentes dans tous les secteurs. Cet été, retrouvez l’histoire de sept d’entre elles.
Elle avait 7 ans quand l'idée lui est venue pour la première fois, lors d'une promenade dans les vignes avec son grand-père, Jacques, et son père, Hubert ; 18 ans lorsqu'elle a entamé ses études supérieures, soigneusement pensées pour la préparer au mieux à ses fonctions futures ; 30 ans au moment de sa nomination comme directrice générale adjointe du domaine, en 2012.
À 43 ans aujourd'hui, Stéphanie de Boüard-Rivoal préside à la destinée d'Angelus avec une détermination identique à celle de ses débuts. Pour cette deuxième enfant d'une fratrie de quatre (une sœur aînée et deux frères cadets, tous liés à la viticulture), la transmission n'a rien d'une lubie, ni d'un concept.
Mais tout d'une mission. Réfléchie, acceptée et assumée. « Une vocation qui suppose un certain nombre de sacrifices personnels », remarque cette mère de trois garçons, mariée à un négociant, représentant la huitième génération à la tête de l'entreprise familiale.
Ce domaine mythique du Bordelais est situé au carrefour des trois églises du village de Saint-Émilion, qui résonnent trois fois par jour pour la prière de l'Angelus. Il se distingue de tous les châteaux emblématiques de la région grâce à son célèbre carillon de 18 cloches, au sommet du belvédère surplombant la propriété.
Les 3 hectares des origines, au temps de Catherine Sophie de Boüard de Laforest et de son époux, Charles Souffrain de Lavergne, exploitant le vignoble de Mazerat en 1795, se sont développés avec un terroir unique composé de deux types de sols distincts, et deux cépages, cabernet franc et merlot.
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La propriété s'étend aujourd'hui sur 130 hectares, dont une trentaine pour Château Angelus, premier grand cru classé A en 2012, avant de renoncer au classement dix ans plus tard.
Marie-Pierre Gröndahl, envoyée spéciale à Saint-Émilion