LA TRIBUNE DIMANCHE — Le groupe a réalisé de très bons résultats l'an dernier. Quels sont les facteurs de cette réussite ?
BENOÎT BAZIN — Le chiffre d'affaires frôle les 47 milliards d'euros, en croissance au deuxième semestre. À 11,4%, la marge d'exploitation est supérieure de 4 points à celle de la précédente décennie. Le résultat d'exploitation atteint 5,3 milliards d'euros, alors qu'il était inférieur à 3 milliards entre 2010 et 2020. Cette performance découle de trois sujets clés : des choix stratégiques clairs et très bien exécutés, une organisation par pays et la décision de placer la croissance durable au cœur de notre modèle économique comme facteur de compétitivité.
Parmi les choix stratégiques, lequel vous semble déterminant ?
Le développement géographique. Nous avons renouvelé près de 40% du chiffre d'affaires du groupe tel qu'il était composé en 2018, pour miser sur des zones à plus forte croissance et à bonne rentabilité. Nos résultats ont triplé en Amérique de Nord, en Asie et dans les pays émergents. En 2024, nous avons fait 5 milliards d'euros d'acquisitions, notamment au Canada où nous avons triplé de taille en trois ans. Ainsi qu'en Australie, avec la plus grande opération depuis 2005. Au total, ce sont presque 12 milliards d'euros d'acquisitions en cinq ans. Parallèlement à ce redéploiement géographique, nous nous développons dans un domaine crucial et essentiel pour la décarbonation du béton et du ciment : la chimie de la construction, comme au Mexique, au Moyen-Orient et en Afrique, qui nous vaut d'être coleader mondial dans ce domaine.