La chronique de Marc Fiorentino. Des certitudes, pour le meilleur ou pour le pire
Marc Fiorentino

Découvrez la chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond
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Certitude. Oui, j'ai bien dit certitude, et même certitudes au pluriel. Je sais que le mot clé depuis le début d'année était incertitude. Incertitude géopolitique avec la situation au Moyen-Orient, incertitude financière avec l'explosion des déficits et des dettes des États, à commencer par les États-Unis, incertitude économique avec l'impact des droits de douane sur la croissance mondiale et incertitude monétaire avec les craintes de rebond de l'inflation et les hésitations des banques centrales.
Et pourtant, si l'on prend de la hauteur, on commence à voir s'éclaircir le brouillard dans lequel nous devons piloter nos placements depuis plusieurs mois. La vision de l'avenir économique, financier et monétaire est plus claire. Plus claire, mais pas forcément plus positive.
Aussi surprenant que cela puisse l'être, nous entrons dans une période de... certitudes. Certitude sur les droits de douane : que les deals soient négociés ou imposés, tous les pays vont subir ces taxes. Celles-ci devraient s'élever entre 10 % pour les bons élèves telle la Grande-Bretagne et de 20 % à 30 % pour des pays affichant trop d'excédents par rapport aux États-Unis.
Le Vietnam s'est ainsi vu imposer 20 % et même 40 % pour les produits chinois qui y sont reroutés. Certitude sur le budget américain : Donald Trump a imposé son « Big Beautiful Bill », qui est plus big que beautiful. Moins d'impôts, moins de subventions pour les renouvelables, moins d'aides sociales et plus d'investissement dans la défense. Donc davantage de déficit et de dettes. C'est une certitude.
Certitude sur la politique monétaire aux États-Unis : soit la Fed va baisser ses taux avant la fin du mandat de Jerome Powell en mai 2026, soit le successeur de celui-ci, qui va être nommé prochainement, annoncera dès maintenant qu'il les baissera de façon drastique à son arrivée. Certitude, donc, sur une baisse forte des taux courts qui pourrait amplifier la chute actuelle du dollar - plus de 10 % depuis le début de l'année.
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Certitude sur la croissance et l'inflation en Europe. La croissance en zone euro va être sauvée d'une récession durable par les plans d'investissement dans la défense et par le plan de relance allemand sur les infrastructures, mais elle restera molle. Et cette croissance faible, alliée à la hausse de l'euro, va faire baisser l'inflation et même nous rapprocher de la déflation.
Dans ce climat de certitudes, seul résiste encore un petit village d'incertitude : la France. Le débat sur le budget à la rentrée pourrait provoquer la chute du gouvernement, voire une autre dissolution.
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Face à ce nouvel environnement, quelle stratégie adopter pour vos placements ? Continuer à privilégier les investissements taux, en euros, pour bénéficier de la baisse des taux. Commencer à miser à nouveau et doucement sur l'immobilier, qui profitera de taux plus bas. Rester investi sur les actions européennes, avec prudence en ce qui concerne la France. Quant aux actions américaines qui enchaînent les records, la hausse peut se poursuivre, mais la performance pour un investisseur européen sera amputée par la baisse du dollar.
Marc Fiorentino