ENTRETIEN EXCLUSIF — Un credo dicte la feuille de route d'Astrid Panosyan-Bouvet, la ministre chargée du travail et de l’emploi : « Pour être plus nombreux à travailler, il faut travailler mieux ».
LA TRIBUNE DIMANCHE — Que peut-on attendre du conclave retraite aujourd'hui ?
ASTRID PANOSYAN-BOUVET — Des améliorations pour les femmes, dont la pension est inférieure de 38% par rapport à celle des hommes. Du mieux pour les personnes exposées à des métiers pénibles. Un meilleur pilotage du système à l'avenir. Des compromis sur un retour à l'équilibre essentiel à la pérennité d'un régime par répartition... Il y a un alignement de bonnes volontés et un décalage entre des réunions studieuses et le bruit médiatique. Les partenaires sociaux ont conscience de la gravité du moment. Laissons-les travailler.
Sur la pénibilité, la CFDT veut un retour aux 10 critères de pénibilité. Un accord est-il possible ?
L'ancien compte pénibilité était trop complexe. Les régimes spéciaux sont mal ciblés. À ceux qui sont autour de la table de discuter de la meilleure alternative.
Le patronat pousse la retraite par capitalisation. Bonne idée ?
Je constate que ce n'est pas un gros mot pour 15 millions de Français, qui ont déjà une épargne retraite. Mais n'interférons pas dans la discussion, je n'ai pas à me prononcer sur tel ou tel sujet.
Newsletter
La Tribune Dimanche
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.
Au contraire ! Notre taux d'emploi des 50-59 ans progresse. Le problème est qu'il dévisse après 60 ans. L'accord signé par sept organisations syndicales et patronales en novembre sera présenté au Parlement en juin. Il instaure un entretien à la mi-carrière sur les compétences et la santé et une négociation sur les seniors en entreprise. La retraite progressive - continuer à travailler à temps partiel en fin de carrière - pourra aussi commencer dès 60 ans au lieu de 62, avec accord de l'employeur, métier pénible ou non. La fin de carrière n'est pas nécessairement du tout ou rien !