Autant la réponse européenne à la politique américaine est prudente, autant la diplomatie commerciale de la présidente de la Commission européenne s'avère trépidante. Depuis son voyage surprise à Montevideo (Uruguay) pour signer le si décrié accord du Mercosur, l'Allemande se démène. La liste de ses déplacements des derniers mois est impressionnante.
En décembre, elle s'était rendue à Ankara en Turquie rencontrer le président Erdogan, puis en Suisse pour signer une série d'accords considérables qui restaient en suspens depuis treize ans. En janvier, alors que le commissaire en charge du commerce, Maros Sefcovic, actait au Mexique une coopération renforcée, elle se préparait pour une semaine d'entretiens au Forum économique mondial de Davos. À peine rentrée, elle s'envolait pour la Jordanie. Mi-février, direction les Caraïbes pour signer divers accords de coopération industrielle, dans la pharmacie ou l'hydrogène.
Depuis il y a eu l'Inde, avec laquelle l'UE ambitionne un accord de libre-échange, l'Afrique du Sud, partie prenante du « Global Gateway », l'alternative européenne aux « nouvelles routes de la soie » chinoises, mais aussi l'Asie centrale. La présidente a participé au début du mois à un sommet à Samarkand (Ouzbékistan) rassemblant les dirigeants du Kazakhstan, du Kirghisistan, du Tadjikistan et du Turkménistan et organisé par le chef d'État ouzbèke, Chavkat Mirziyoïev. Dernière étape en date, le golfe Persique, d'où elle a annoncé, le 10 avril, le lancement de négociations pour un accord de libre-échange entre l'UE et les Émirats arabes unis.