L'exécutif continue de répéter qu'il est opposé à l'accord de libre échange tel qu'il a été conclu par la Commission européenne en décembre. Mais Bruxelles le présente comme une solution face à la guerre douanière de Trump.Lors de sa dernière prise de parole sur le sujet, le 22 février à l'ouverture du Salon international de l'agriculture, Emmanuel Macron avait confirmé la position de la France. « Nous sommes opposés au Mercosur tel qu'il a été signé », avait déclaré le président de la République, en regrettant notamment l'absence de « clauses miroirs », protégeant les agriculteurs français de toute « concurrence déloyale », et de « clauses de sauvegarde », en cas de déstabilisation du marché. Interrogé par La Tribune, l'entourage du ministre du Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin, affirme que le gouvernement continue aussi de considérer le traité de libre-échange comme « pas acceptable en l'état ».
Avant la conclusion, le 6 décembre, de l'accord entre l'Union européenne et l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay, la France avait d'ailleurs fait preuve sur le sujet d'une rarissime unité. L'Élysée et le gouvernement avaient le soutien de l'ensemble du Parlement, des secteurs économiques et de l'opinion publique. Une légitimité qui soutenait l'espoir de rallier d'autres États membres de l'UE, pour constituer une minorité de blocage au projet de la Commission européenne.
Le soja américain visé par la Commission
Cet espoir semble toutefois s'amoindrir depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump et le lancement de sa guerre commerciale. Bruxelles présente en effet la diversification des partenariats commerciaux comme l'une des principales solutions face aux dangers créés par Washington : « Nous ouvrirons des portes vers des marchés à croissance rapide », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le 1er avril face aux députés européens, en citant l'exemple du Mercosur. D'autres partisans de l'accord en profitent. C'est le cas de l'Espagne, dont le ministre du Commerce, Carlos Cuerpo, a insisté le 31 mars sur « l'importance de ratifier l'accord commercial avec le Mercosur » dans un contexte de « montée des tensions ».