ENTRETIEN — Dépense publique, financement de la protection sociale, risque de crise financière... L’ex-patron du CAC 40 confie ses inquiétudes face à l’instabilité politique et appelle à poursuivre la politique de l’offre mise en place depuis 2017.
Président d'honneur de Saint-Gobain, Pierre-André de Chalendar pilote depuis janvier 2023 l'Institut de l'entreprise, une « communauté d'entreprises qui travaille à valoriser le rôle et la place de l'entreprise dans la société ».
LA TRIBUNE DIMANCHE — François Bayrou sollicitera la confiance du Parlement le 8 septembre. La décision prise par le Premier ministre porte-t-elle préjudice aux entreprises ?
PIERRE-ANDRÉ DE CHALENDAR — C'est l'instabilité politique générale qui fait du mal aux entreprises ! Dès lors que nul ne sait à quoi ressemblera le budget et s'il y aura des hausses d'impôts, le réflexe immédiat des patrons est de ralentir leurs investissements. On l'a vu après la dissolution l'année dernière. Et je suis inquiet pour les mois qui viennent. Les dirigeants d'entreprise sont comme des conducteurs dans le brouillard.
Patrick Martin, le président du Medef, s'est dit « consterné » par la classe politique, incapable de dépasser les clivages partisans dans l'intérêt du pays. A-t-il raison d'être en colère ?
Oui, la barque est pleine pour les entreprises ! Les politiques doivent bien avoir en tête que leurs décisions ont des conséquences sur la situation économique. Les partis sont aujourd'hui divisés et centrés sur leurs intérêts électoraux. Ils oublient les intérêts de la France. Finalement, le Premier ministre n'a fait qu'anticiper les difficultés qu'il allait rencontrer lors de l'examen du projet de loi de finances.
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Alors que la chute de François Bayrou paraît inévitable, le prochain locataire de Matignon devrait-il être un patron ?
Propos recueillis par Jean-Victor Semeraro et César Armand