Quelles protections contre une correction
Marc Fiorentino

La diversification, le premier outil pour faire face à une possible correction.
LTD/John Angelillo/UPI/Shutterstock
Marc Fiorentino

La diversification, le premier outil pour faire face à une possible correction.
LTD/John Angelillo/UPI/Shutterstock
Les indices boursiers atteignent des niveaux record. Le S&P 500 enchaîne les sommets, et le CAC 40, après un retard dû à l'instabilité politique française, a rebondi depuis le 1er janvier pour dépasser les 8 000 points. Pourtant, la volatilité reste forte, nourrie par des incertitudes macroéconomiques et géopolitiques : tensions commerciales, élections en Allemagne, politique monétaire incertaine...
Tous les ingrédients semblent réunis pour une correction. Sauf un : l'élément déclencheur. Impossible de prévoir ce qui fera basculer le marché. Il peut donc continuer de grimper encore des semaines, voire des mois, avant un retournement. Faut-il pour autant vendre toutes ses actions et attendre la tempête ? Pas forcément. Mieux vaut chercher à couvrir son portefeuille contre un éventuel repli.
La première protection contre une correction reste la diversification. Plutôt que d'être surexposé aux valeurs technologiques américaines, il est plus prudent d'investir dans plusieurs secteurs et zones géographiques. Il convient surtout d'élargir son allocation à d'autres classes d'actifs : obligations, immobilier, private equity, ou encore or et métaux précieux. Un portefeuille équilibré amortira mieux un choc boursier. Cependant, rien ne garantit que ces actifs réagiraient positivement en cas de baisse des actions. Pour une couverture plus directe, il faut alors se tourner vers des instruments financiers conçus spécifiquement pour cela : les produits dérivés.
L'outil le plus utilisé par les professionnels est le contrat à terme, ou « future ». Ce contrat standardisé permet de fixer un prix pour une transaction future sur un indice boursier ou une matière première. Un investisseur peut vendre un « future » sur le CAC 40, ce qui lui permettra de gagner de l'argent si l'indice baisse. D'autres produits comme les options et les CFD (contracts for difference), disponibles chez des brokers spécialisés, offrent aussi des possibilités de couverture. Toutefois, ces produits sont très risqués : une perte peut dépasser la mise initiale, et le courtier peut exiger des fonds supplémentaires en cas de variation défavorable, via un « appel de marge ».
Pour éviter ce risque, certains investisseurs préfèrent des produits dérivés cotés en Bourse comme les « warrants » et les « turbos ». Ils permettent de parier sur la hausse ou la baisse d'un sous-jacent avec effet de levier. Leur principal avantage ? Une perte limitée à l'investissement initial : en cas de mauvaise anticipation, ils sont désactivés dès qu'ils atteignent une valeur nulle, évitant ainsi les appels de marge.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

À lire également
Mais comme souvent, le produit de couverture le plus adapté pour les particuliers est le tracker. Il existe en effet des ETF répliquant un indice inverse, qui monte quand le marché baisse. Certains sont même dotés d'un effet de levier : par exemple, un ETF « CAC 40 Daily -2x » grimpe de 2 % si le CAC 40 perd 1 %, et inversement. Simples à utiliser, éligibles aux comptes-titres et parfois au PEA, ces ETF sont une option efficace pour couvrir un portefeuille sans se compliquer la vie avec des produits complexes. Idéal pour un particulier qui souhaite assurer partiellement et temporairement son portefeuille contre le risque de baisse des indices. L'hiver n'est pas fini, restez couverts.
Marc Fiorentino