Réarmer vos placements
Par Marc Fiorentino

L’Europe doit encore investir plusieurs centaines de milliards d’euros pour moderniser ses armées.
LTD/Yannick BILLIOUX/ABACAPRESS
Par Marc Fiorentino

L’Europe doit encore investir plusieurs centaines de milliards d’euros pour moderniser ses armées.
LTD/Yannick BILLIOUX/ABACAPRESS
La course à l'armement s'impose comme une nouvelle réalité en Europe. La transition écologique est mise entre parenthèses au profit de la transition militaire. La guerre en Ukraine, les tensions aux frontières de l'Union et la pression exercée par Donald Trump bouleversent les priorités budgétaires. L'objectif affiché : atteindre 3 % du PIB en dépenses militaires. Pour les investisseurs, c'est un tournant majeur, ouvrant des opportunités sur des valeurs stratégiques du secteur.
Les industriels européens de la défense enregistrent des performances boursières spectaculaires. Et ce n'est peut-être qu'un début : l'Europe doit encore investir plusieurs centaines de milliards d'euros pour moderniser ses armées.
Thales, dont l'action (ISIN : FR0000121329) a doublé en trois ans, est l'un des piliers de cette montée en puissance. Spécialiste de l'électronique de défense, le groupe équipe les forces armées en radars, systèmes de communication sécurisés et cybersécurité. Idem pour Dassault Aviation (FR0014004L86), célèbre pour son avion de chasse Rafale, qui bénéficie de la même dynamique.
N'oublions pas enfin le géant Airbus (NL0000235190), qui a renforcé ces dernières années sa position dans le domaine des satellites militaires, des drones et des avions de transport stratégiques.
Hors de l'Hexagone, l'un des grands gagnants de la course au réarmement est sans doute l'allemand Rheinmetall (DE0007030009), en hausse de 85 % depuis le 1er janvier 2025. Berlin a promis 100 milliards d'euros d'investissements dans sa défense, et une part significative ira au fabricant de chars et de munitions. Même dynamique pour l'allemand Hensoldt (DE000HAG0005), expert en capteurs de défense, radars et solutions de surveillance avancées, en forte croissance (+100 % depuis le 1er janvier) grâce à ses contrats avec les forces armées européennes.
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Le britannique BAE Systems (GB0002634946) est un autre acteur incontournable. Actif dans la construction navale, l'aviation militaire et les systèmes de missiles, il profite de la montée en puissance des budgets de défense au Royaume-Uni, en Suède et ailleurs en Europe. Moins connu, l'italien Leonardo (IT0003856405) joue aussi un rôle clé dans l'armement européen. Fournisseur majeur d'hélicoptères militaires et d'équipements électroniques, il profite de la hausse des dépenses en Italie et dans plusieurs pays de l'Union.
Les particuliers peuvent investir sur toutes ces valeurs européennes au sein d'un compte-titres, ou même d'un PEA (à l'exception de BAE Systems). Pour ceux qui souhaitent investir dans le secteur dans sa globalité, sans avoir à sélectionner des valeurs ou même des régions, il existe des ETF couvrant les principales valeurs du secteur. Vous avez par exemple le fonds de BlackRock iShares Global Aerospace & Defence UCITS ETF (IE000U9ODG19) ou le VanEck Defense UCITS ETF (IE000YYE6WK5).
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Ces ETF, investis sur des valeurs européennes mais aussi internationales et notamment américaines, ne sont en revanche pas éligibles au PEA. Il n'existe pas d'ETF consacré au secteur européen, et ceux qui veulent que leur PEA participe à (et profite de) l'effort de guerre européen doivent donc se tourner vers le stock picking.
Par Marc Fiorentino