Tout savoir sur les stratégies d’investissement en actions
Marc Fiorentino

L'homme d'affaires Warren Buffett n’investit que dans ce qu’il comprend
LTD/Scott Morgan/REUTERS
Marc Fiorentino

L'homme d'affaires Warren Buffett n’investit que dans ce qu’il comprend
LTD/Scott Morgan/REUTERS
À l'heure où un nombre croissant d'épargnants mise sur des stratégies passives, à base d'ETF répliquant les grands indices, Warren Buffett incarnait l'autre voie, celle de la gestion active et du « stock picking ». Les enseignements à tirer de son expérience sont passionnants. Contrairement à ce que son surnom pourrait laisser croire, l'Oracle d'Omaha n'a jamais eu de boule de cristal. Son succès repose sur une philosophie simple à base de bon sens. Buffett n'investit que dans ce qu'il comprend - son « cercle de compétence » - et privilégie les sociétés aux modèles économiques simples, lisibles et durables.
Par exemple, Buffett investit dans Coca-Cola, une entreprise dont le modèle n'a presque pas changé depuis un siècle. Buffett cherche surtout un « moat » - un avantage compétitif durable. Une marque forte (Apple), un effet de réseau (Visa), ou des coûts très bas (Costco). En se posant une seule question : qu'est-ce qui empêche un concurrent de copier cette entreprise demain ?
Buffett accorde une importance majeure au prix d'achat de ses investissements. Il cherche des entreprises de qualité, mais décotées, avec des cours de Bourse inférieurs à leur valeur intrinsèque. C'est ce qu'on appelle la gestion « value », s'appuyant sur l'analyse des ratios : le PER (valeur de marché rapportée aux bénéfices), le « price-to-book » (valeur de marché rapportée aux fonds propres), ou encore le VE/EBITDA, qui compare la valeur de l'entreprise à sa rentabilité opérationnelle. Il surveille également la solidité du bilan, notamment à travers le ratio d'endettement (« gearing »).
Face au style value, d'autres investisseurs privilégient une approche dite « growth », fondée non sur la valeur actuelle mais sur le potentiel de croissance. Ils utilisent souvent la méthode des DCF (« Discounted Cash Flow »), qui consiste à estimer les flux de trésorerie futurs d'une entreprise et à les actualiser pour en déduire sa valeur d'aujourd'hui. Cette méthode est particulièrement adaptée aux entreprises technologiques ou en phase de forte expansion, souvent surévaluées par les ratios traditionnels mais prometteuses à long terme.
Quelle que soit l'approche - value ou growth -, l'horizon d'investissement reste fondamentalement long. Buffett aime dire : « Si vous n'êtes pas prêt à conserver une action pendant dix ans, ne la gardez pas dix minutes. » À l'opposé, certains préfèrent le court terme et s'orientent vers le trading. Cette pratique repose généralement sur l'analyse technique : ligne de tendance, figures chartistes, points pivots, etc. Le but ici n'est pas de connaître la valeur d'une entreprise mais d'anticiper les mouvements des autres investisseurs pour profiter des fluctuations de marché.
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Value ou growth, long terme ou court terme, analyse fondamentale ou technique : il n'y a pas une seule bonne méthode, mais des approches adaptées aux profils et aux objectifs de chacun. Seule certitude : réussir en Bourse demande du temps, de la méthode, de la rigueur et une véritable passion pour les entreprises. Ceux qui ne se reconnaissent pas dans cet univers auront tout intérêt à privilégier une gestion passive par le biais des grands indices... N'est pas gérant actif qui veut.
Marc Fiorentino