La chronique de François Clemenceau. Poutine, stop ou encore ?
La Tribune Dimanche
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Découvrez la nouvelle chronique de François Clemenceau.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
La Tribune Dimanche
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Découvrez la nouvelle chronique de François Clemenceau.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
Chacun le sait, Vladimir Vladimirovitch Poutine est un homme bon. À 72 ans, c'est comme s'il s'était amélioré avec le temps. La preuve, cette semaine, il a tenu à célébrer la Journée des droits des femmes du 8 mars avec un peu d'avance. Il s'est donc rendu à l'antenne moscovite de la Fondation des défenseurs de la patrie pour une table ronde avec des mères et des épouses de soldats engagés dans cette fameuse « opération spéciale » déclenchée le 24 février 2022 en Ukraine.
Mais pourquoi la compare-t-il autant avec une vraie guerre, celle dont « l'arrière du front est si crucial » pour les soldats en première ligne ? Pourquoi se plaît-il à rappeler que « dans les tranchées, il n'y a pas d'athées », comme s'il était convaincu que Dieu reconnaîtra les siens parmi les dizaines de fantassins qui meurent chaque jour dans les combats en Ukraine ?
Dans l'exercice des questions et des réponses, la mère d'un soldat tué lui demande s'il ira « jusqu'au bout » ou si la Russie fera la moindre concession en cas de négociation de paix. Le maître du Kremlin a répondu qu'il n'en avait « pas l'intention ». Est-ce là le langage de ceux qui sont prêts à dialoguer, à tirer les leçons d'une guerre qui a dévoré et endeuillé des centaines de milliers de familles russes ?
Le ton rappelle celui des négociateurs du Kremlin envoyés dans la forêt de Bialowieza en Biélorussie dès la fin février 2022. Dans un texte de 18 paragraphes qui avait été remis à la délégation ukrainienne, les diktats s'accumulaient.
À lire également
L'Ukraine devait renoncer à tout ce qui faisait sa souveraineté depuis son référendum d'indépendance en 1991 : neutralité totale et permanente, armée de moins de 50 000 hommes, pas de missiles d'une portée supérieure à 250 kilomètres - susceptibles d'atteindre la Crimée -, reconnaissance de cette même Crimée comme définitivement russe et de l'indépendance des Républiques autoproclamées de Donetsk et de Louhansk, engagement à payer les dommages de guerre dans le Donbass, obligation d'interdire toute propagande du nazisme et toute construction de mémoriaux à la gloire des combattants de l'indépendance ukrainienne, levée de toutes les sanctions contre la Russie... Bref, non pas un catalogue pour s'offrir une capitulation, mais une volonté noir sur blanc d'annihilation d'une nation et de son identité.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

La Tribune Dimanche