Depuis plus de vingt ans, les mêmes schémas politiques, les mêmes sorties médiatiques, les mêmes réflexes de promesses qui n'impriment plus. À chaque élection, les partis de la colère et du ras-le-bol montent, et les stratagèmes et digues ne suffiront bientôt plus. Alors, on fait quoi ? On fait un bon mot sur la « raison qui doit l'emporter » ? On écrit un appel à la sérénité et au vivre-ensemble ? On espère le « grand compromis » ? Cela ne fonctionnera pas.
Il faut prendre un peu de recul et se dire que le remède est autre. Pas de super-héros en vue, et je ne me résous pas à passer par la case RN, dont on murmure ici ou là que c'est un passage obligé. Avant ce crash souhaité par certains, plutôt que la toxique stratégie du chaos appliquée avec méthode par d'autres, il faut reprendre la main. Il est temps de dire : « Ça suffit ! »
Pour redonner un souffle à notre pays, nous devons desserrer l'étau et tuer la paresse que secrète l'hypercentralisme. Décision après décision, Paris a accaparé les pouvoirs, complexifié les systèmes de décision. Résultat : un pays incapable de s'adapter à la diversité de ses territoires, un pays qui attend la décision de Paris sur le moindre sujet. Redonner du pouvoir aux élus locaux, ce n'est pas diviser la nation, c'est au contraire la renforcer. C'est permettre aux citoyens de retrouver confiance en l'action publique.
C'est ça, l'antidote à la désespérance et à la colère. Mesdames, Messieurs les ministres, chiche ! Faites équipe de France avec nous, et les impulsions données se prolongeront en réalisations concrètes bien au-delà de votre mandat ministériel. Chers parlementaires, vous qui sur le terrain exprimez cette envie de débloquer la France, agissez ! Donnez-nous la main ! Ajoutez-nous dans l'équation, et pas seulement pour « consultation au conseil d'administration des agences de l'État », mais bien pour faire, pour agir.