Dauphin désigné par Anne Hidalgo pour sa succession à la tête de l'Hôtel de ville de Paris, Rémi Féraud commence à dévoiler ses priorités de candidat aux prochaines élections municipales. Il cosigne une tribune avec les élues socialistes Colombe Brossel et Gabrielle Siry-Houari sur la place des familles à Paris.
Inquiétude et tristesse : des émotions qui ne sont pas associées à cette période de fêtes dans l'imaginaire collectif mais qui sont pourtant ressenties par la moitié des familles monoparentales à Noël selon la radiographie des fêtes de Noël réalisée par l'Ifop. Comment ne pas comprendre ce manque d'engouement quand on sait qu'une famille monoparentale sur deux connaît des difficultés financières chroniques, plus du double de la moyenne nationale ? A Paris, près de la moitié des familles monoparentales vit sous le seuil de pauvreté.
La situation de ces familles, dont le parent est une femme dans plus de 80% des cas, a longtemps été un angle mort des discours politiques et des politiques publiques. Les familles monoparentales représentent pourtant une famille sur quatre en France et une sur trois à Paris. La charge mentale, domestique, familiale, l'invisibilisation des problématiques vécues par les femmes, le manque de temps et d'argent leur permettent difficilement de se mobiliser pour faire émerger ce sujet comme priorité nationale.
La surprime de Noël de 152 euros proposée par les socialistes et adoptée l'an dernier par le gouvernement a d'ailleurs été supprimée cette année. Si les femmes seules avec enfant ne bloquent pas les routes avec des tracteurs pour se faire entendre du gouvernement, elles étaient toutefois nombreuses sur les ronds-points au moment des gilets jaunes pour exprimer leur exaspération d'être ignorées par les pouvoirs publics.
La crise du Covid a contribué à mettre encore plus en lumière leurs difficultés, quand les (journée de travail doublée du travail domestique) - et pas seulement celles des familles monoparentales - se sont transformées en « triple journées » avec l'ajout de l'école à la maison.
Face à ce cumul d'inégalités, c'est pourtant un discours politique honteusement culpabilisateur qui est souvent renvoyé à ces familles. Dans ce contexte, auquel s'ajoute l'incertitude et l'instabilité politique que nous vivons aujourd'hui, la Ville de Paris a un rôle important à jouer pour mieux les protéger.
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Le Conseil de Paris a voté le mois dernier le principe d'une carte « familles monoparentales », qui ouvrira le chemin de leur reconnaissance et y adjoindra de nouveaux droits.
Parallèlement à la mobilisation indispensable au niveau national, notamment du député socialiste de l'Eure Philippe Brun et de la sénatrice de Paris Colombe Brossel, qui vient de faire adopter un rapport au Sénat sur les familles monoparentales, la Ville de Paris doit leur venir davantage en aide, notamment en termes de pouvoir d'achat.
La majorité municipale a depuis longtemps mis en place des mesures pour reconnaître leur situation spécifique : allocation logement pour ces familles dès 2011, priorisation d'accès en crèche... Alors que le cumul d'inégalités qui caractérisent les familles monoparentales s'accroît avec les difficultés de pouvoir d'achat et l'inflation, il est nécessaire et urgent d'aller plus loin.
C'est pourquoi le Conseil de Paris a voté le mois dernier le principe d'une carte « familles monoparentales » qui, sur le modèle de la carte « familles nombreuses », ouvrira le chemin de leur reconnaissance et y adjoindra de nouveaux droits : baisse des tarifs des crèches, des centres de loisirs et de la cantine scolaire, des musées pour faciliter l'accès à la culture, aide supplémentaire sur les transports...
Nous voulons aussi travailler, avec les associations et collectifs de familles monoparentales, à permettre des « temps de répit » grâce à une offre de garde temporaire, une aide aux vacances, pour permettre des moments de respiration auxquels nous devrions toutes et tous avoir droit. Alors que le nombre de séparations ne cesse d'augmenter, il s'agit aussi de prendre en compte le besoin de décohabitation, de déménager rapidement dans un logement décent, d'où le besoin d'aller plus loin sur la récupération de l'offre de logement à Paris.
Dans une ville aussi attractive et donc aussi chère, il n'est plus possible d'avoir au moins 250 000 appartements parisiens qui soient soit vides, soit des résidences secondaires ou utilisées comme location touristique. Le vote la semaine dernière de l'abaissement de 120 à 90 jours comme maximum de location autorisée pour les meublés touristiques est le premier acte de cette nouvelle régulation du marché du logement.
La société change et c'est pourquoi nous ferons du soutien à apporter aux familles monoparentales un sujet prioritaire de notre programme pour les prochaines élections municipales à Paris.