L’ex-ministre de l’Éducation nationale de Lionel Jospin affichait des positions ouvertement climatosceptiques.Figure emblématique des années Jospin, Claude Allègre, décédé le 4 janvier 2025 à Paris à l'âge de 87 ans, se fait connaître du grand public en 1997. À peine arrivé Rue de Grenelle, où il succède à François Bayrou, le ministre de l'Éducation nationale promet de « dégraisser le mammouth ». La déclaration lui vaut des relations difficiles avec les syndicats jusqu'à son départ en 2000.
Sept ans plus tard, il rompt avec son camp. Il quitte le Parti socialiste après avoir refusé de soutenir publiquement la candidature de Ségolène Royal. « Impressionné » par la campagne de Nicolas Sarkozy, l'ex-ministre de gauche décide de se rallier au candidat de la droite.
Claude Allègre a aussi marqué le débat public par ses positions ouvertement climatosceptiques. Médaillé d'or du CNRS en 1994, prix Crafoord de géologie en 1986, ce géochimiste de formation prend ses distances avec la science fin 2006, en soutenant dans une de ses chroniques dans l'hebdomadaire L'Express que l'activité humaine n'est pas à l'origine des changements climatiques en cours. Il déclenche alors un tollé. Il revient à la charge en 2010 dans son ouvrage L'Imposture climatique (Plon), dont les thèses sont ensuite réfutées par l'Académie des sciences. Victime d'un accident cardiaque en 2013, il s'était depuis retiré du débat public.
Le Premier ministre lui a rendu hommage sur X : « Honneur à Claude Allègre, esprit original, grand scientifique, homme de combats, qui ne craignait pas le "seul contre tous". Il aimait la transmission par l'école dont il avait une haute idée. Le courage était sa marque. »