« Nos agriculteurs ne peuvent pas être la variable d'ajustement, ni du pouvoir d'achat (...) ni des accords agricoles » : c'est la promesse formulée ce samedi, juste avant son inauguration du Salon international de l'agriculture, par le président de la République, en quête de confiance après l'ouverture tumultueuse de l'année dernière. « C'est toujours les prix agricoles qu'on devrait baisser. Non, on défend ces prix », a poursuivi Emmanuel Macron, une semaine avant la clôture - imposée par la loi française le 1er mars - des négociations commerciales annuelles entre les distributeurs et les agro-industriels, de plus en plus tendues.
Sans renier les « prix planchers » annoncés l'année dernière à la surprise générale, et dont la rigidité avait été critiquée par les syndicats agricoles majoritaires comme dans son propre parti, le président à toutefois changé de sémantique. Son objectif est « qu'on ne puisse pas vendre des produits en dessous de leurs coûts de production », a-t-il précisé, en affirmant - comme la ministre de l'Agriculture dans le dernier numéro de La Tribune Dimanche - que le gouvernement travaille sur une énième réforme des lois régissant la répartition de la valeur au long de la chaîne alimentaire - dites « Egalim ». « On doit protéger des producteurs qui sont en nombre et beaucoup plus petits que les distributeurs », a-t-il explicité, en insistant aussi sur sa volonté de défendre « nos industries agroalimentaires », pourvoyeuses « d'emplois et de richesse ».