Troisième jour d'audience, ce 30 avril, d'un procès qui va durer un mois. La matinée est consacrée à la personnalité de celui que l'on présente comme le « cerveau » du casse : Aomar A.K. L'homme de 69 ans ne semble avoir jamais si bien porté son surnom, « Omar le Vieux », quand il entre dans la salle Voltaire de la cour d'Assises de Paris appuyé sur sa canne.
Malentendant, il est appareillé d'impressionnants capteurs vissés sur son crâne. Des accidents vasculaires lui ont par ailleurs valu de développer des troubles de l'allocution. Pour pouvoir l'interroger et lui permettre de s'exprimer, deux sténo-dactylos retranscrivent sur ordinateur l'intégralité des débats que l'accusé lit sur un écran. Il répond aux questions en écrivant sur des feuilles de papier filmées par une caméra, dont l'image est diffusée sur des téléviseurs à l'attention du tribunal, des jurés et du public.
L'enquêtrice de personnalité a rencontré Aomar A.K en juillet 2017, alors qu'il est incarcéré à la prison de Fresnes. Il a été arrêté six mois auparavant, par les policiers de la BRB chargés des investigations sur le vol et la séquestration de Kim Kardashian. Pour préparer l'entretien avec la professionnelle mandatée par la Justice le mis en cause, premier suspect identifié, a, fait rare, consigné par écrit dans des cahiers d'écoliers le récit de sa vie. Son enfance se passe à la campagne, dans l'Algérie des années 1950, auprès d'un père peu tendre, militaire de l'armée française. C'est à 7 ans, en pleine guerre d'indépendance, qu'il découvre la France et ses foyers Sonacotra. L'un des dix enfants d'une famille précaire, Aomar, qui se rend rarement à l'école et ne parle pas le français, est placé dans un foyer de religieuses au Pays Basque.